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Catherine Lenzi : IREIS
Nous proposons d’explorer l’intervention à domicile auprès des aînés sous l’angle des besoins de ces derniers. On considérera avant tout que la notion de « besoin » est une construction sociale qui mérite discussion et qui repose sur l’implicite que les usagers expriment naturellement et librement leurs besoins à des intervenants qui ne demanderaient qu’à les entendre et qu’à y répondre. Or, pour différentes raisons, les aînés peuvent se censurer tout comme ils peuvent évoluer dans l’expression de leurs besoins. De leur côté, les intervenants peuvent être sous tension, pris entre les injonctions du service qui oblige à faire vite et bien et des aînés en attente d’un service technique mais aussi d’une « présence sociale » nécessitant du temps et de l’attention. L’écart sensible que nous croyons percevoir entre les besoins des aînés et la ou les réponse(s) apportée(s) peut être documenté à travers la thématique de l’isolement et du sentiment de solitude des aînés qui peut en découler. On verra alors comment les intervenants tentent, malgré les contraintes supportées, d’y répondre et quel rôle ils peuvent jouer aux côtés des familles et du voisinage. On verra également, à travers le cas français, les mesures prises par le secteur associatif qui s’en remet en quelques endroits au bénévolat pour lutter contre la solitude des aînés et qui, ce faisant, participe localement à la redéfinition de l’action sociale.
Le concept du Welfare Mix a surgi au cours des années 1980 pour mettre en lumière l’apport des proches (familles, amis, voisinage), des entreprises du secteur marchand et des organismes du tiers secteur (économie sociale et solidaire et organismes communautaires) aux côtés des institutions du secteur public dans la transformation de l’État social (Evers et Wintersberger, 1990). Cette contribution des différents producteurs de services dans l'intervention de proximité et du maintien des personnes âgées dans la communauté a pris de l’ampleur depuis le début des années 2000 tant sur le plan du financement, que des modes de régulation et de la prestation des services. Dans un contexte de vieillissement accéléré de la population, cette mixité de ressources a fait surgir certains enjeux liés non seulement à la gratuité, l’universalité et la qualité des services, mais aussi à l’expression de différents registres de professionnalités au sein des équipes d’intervention (incluant l'éthique du care), à l’évolution du statut de certains prestataires de services, à l’expression des besoins des usagers ainsi qu’à la coconstruction des pratiques et des politiques structurant l’offre de services (Jetté et Lenzi, à paraître). Cette mixité n’est toutefois pas exempte d’ambiguïtés puisqu’elle a également contribué à l’établissement de nouveaux cadres institutionnels qui ont pu susciter à leur tour, selon les périodes et les contextes locaux et nationaux, l’émergence de pratiques innovantes et de nouveaux impératifs pour l’action publique dans la réponse aux besoins des personnes (Lascoumes et LeGalès, 2018). Ce colloque vise à faire le point sur l’évolution et la configuration de ce Welfare Mix au Québec, en France et ailleurs suite aux diverses mesures, politiques et réformes adoptées par les différentes instances administratives et politiques pour favoriser le maintien dans la communauté des aînés et des autres publics ayant des besoins de soutien à l’autonomie.
Titre du colloque :