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Est-il possible d’identifier si une personne connait un visage à partir de ses mouvements oculaires ?

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Hugues Delmas : Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis

Résumé de la communication

Le concealed information test (CIT) est une technique conçue pour détecter les informations dissimulées. Elle consiste à présenter une série d’items à une personne tout en enregistrant certaines de ses mesures physiologiques (e.g., rythme cardiaque) ou comportementales (e.g., temps de réaction). Quelques-uns des items présentés sont supposés être connus de la personne (items critiques) alors que les autres sont censés ne pas l’être (items neutres). Si la personne montre de manière consistante des réponses distinctes aux items critiques par rapport aux neutres, il est inféré qu’elle les connaît. D’un point de vue théorique, cette inférence repose sur la réponse d’orientation (orienting response ; Sokolov, 1990). Cet effet apparaît lorsque la présentation d’un stimulus inattendu ou signifiant engendre, par exemple, une réaction physiologique chez la personne. Cela s’observe également dans le comportement non-verbal, avec l’orientation des yeux, et/ou de la tête vers le stimulus. Les mouvements oculaires, mesurés par eye tracker (e.g., durée de fixation), ont d’ailleurs été utilisés dans le cadre d’un CIT pour déterminer si une personne est familière avec des visages. Nous réaliserons une revue de littérature sur le CIT portant sur la dissimulation de visages familiers via l’analyse des mouvements oculaires (e.g., Lancry-Dayan et al., 2018). Nous présenterons les principaux résultats, les possibles contre-mesures, ainsi que les limites de cette technique.

Résumé du colloque

La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés par une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, la criminologie, l’éthologie, l’informatique et le génie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Pour le milieu professionnel œuvrant en ressources humaines, en santé, en justice et en éducation, entre autres, les connaissances sur la communication non verbale ayant fait l’objet d’évaluations par les pairs représentent une incroyable source de connaissances afin de développer de meilleures pratiques. Malheureusement, leur impact dans la francophonie soulève des questions. En effet, par rapport à l’information scientifique, la diffusion de notions n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs explose. Des articles dans la presse écrite, des séries télévisées telles que Lie to Me et des vidéos sur YouTube vues par des millions de personnes, par exemple, proposent des notions douteuses pour « décoder » le comportement humain. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les notions douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées, mais pendant ce temps les connaissances scientifiques qui pourraient aider les professionnels et le grand public sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie paraît essentielle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

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