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Marc-Antoine Paul-Ouellet : Université de Sherbrooke
Plusieurs études ont démontré que le complexe Tip60-p400 pouvait jouer un rôle dans la relation antagoniste entre H2A.Z et la méthylation de l’ADN. En effet, le complexeTip60-p400 serait associé préférentiellement à des régions contenant H2A.Z et protègerait ainsi ces régions de la méthylation de l’ADN en favorisant la dégradation d’enzymes qui méthylent l’ADN (Dnmt3B). Plusieurs études ont démontré qu’il y aurait une relation mutuellement exclusive entre la méthylation de l’ADN et le variant d’histone H2A.Z. Il pourrait donc y avoir l’existence d’un mécanisme de modification des marques épigénétiques existant entre ces deux modes de régulation. Pour tester notre hypothèse, plusieurs essais d’acétylation in vitro ont permis de vérifier si la modification post-traductionnelle sur Dnmt3B par Tip60-p400 est possible. Des résultats préliminaires ont démontré que l’acétylation de Dnmt3B par Tip60 mènerait à son ubiquitination et à sa dégradation. De plus, afin de mieux comprendre le rôle du complexe Tip60-p400 dans ce mécanisme, des protéines recombinantes ont été obtenues afin d’étudier les segments de Dnmt3B qui sembleraient acétylés. En effet, nous démontrons que cette modification semblait être localisée dans le domaine PWWP de la méthyltransférase. Ceci permettrait de comprendre une partie du mécanisme complexe existant entre la méthylation de l’ADN et H2A.Z.
Le cancer constitue la 1re cause de décès au Canada. La grande diversité à l’intérieur même des « types » de cancer est un obstacle au développement de thérapies efficaces. Malgré cette hétérogénéité, les cancers partagent des caractéristiques qui sous-tendent la malignité des tumeurs. Deux traits prévalents du cancer sont l’instabilité génomique et la reprogrammation transcriptionnelle.
Des mécanismes cellulaires complexes détectent et réparent les lésions dans l’ADN et préservent l’intégrité du génome. Il est bien établi que les cellules tumorales, malgré leur capacité de prolifération accrue, sont caractérisées par une instabilité génomique. Celle-ci résulte de défectuosités dans la signalisation et la réparation des dommages à l’ADN. Paradoxalement, l’instabilité génomique constitue un point faible des tumeurs exploité cliniquement par des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Une compréhension moléculaire du maintien de la stabilité du génome est cruciale pour proposer de nouvelles pistes thérapeutiques centrées sur la modulation de la réponse aux dommages à l’ADN.
D’autre part, la réplication et la réparation de l’ADN ainsi que le contrôle de l’expression des gènes nécessitent une régulation très fine de la structure de la chromatine, l’assemblage hautement régulé de l’ADN avec les histones et d’autres facteurs accessoires. La dynamique chromatinienne est modulée par un système complexe impliqué dans toutes les transactions avec l’ADN. Ainsi, des changements dans les programmes d’expression génique, régulés par l’état de la chromatine, peuvent avoir une incidence majeure sur la transformation de cellules normales en cellules prolifératives et envahissantes.
Une caractérisation poussée de la régulation de la structure du génome, incluant l’action de facteurs épigénétiques agissant sur la chromatine, est essentielle pour améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires qui régissent l’oncogenèse. Cela est nécessaire pour établir de nouvelles thérapies contre le cancer.
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