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Valerie Martin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Notre étude a évalué les services d’Action main-d’œuvre (AMO), un organisme offrant des services de soutien en emploi aux adultes autistes qui se cherchent un emploi ou qui ont besoin de soutien en emploi.
Durant 2 ans, tous les nouveaux clients ont été invités à participer à l’étude. Nous avons collecté des données sur les participants à partir de la base de données d’AMO (profil sociodémographique, services offerts). Ils ont rempli des questionnaires sur leurs difficultés associées à l’autisme (SRS-2), leurs capacités adaptatives (ABAS-II), leur autoefficacité par rapport à l’emploi (Waghorn et al., 2007), ainsi que sur leur anxiété (IAST-Y). Après 6 à 9 mois de recherche d'emploi infructueuse, ou après 6 semaines en emploi, les participants ont répété les mesures d'autoefficacité et d'anxiété. Ils ont aussi rempli des questionnaires sur leur satisfaction. Leur employeur a aussi invité à remplir des questionnaires.
Les 37 participants ont en moyenne 30,5 ans. La moitié habitent seuls (54 %). Les scores au SRS-2 démontrent des profils de difficultés très variés. Leurs scores d'anxiété sont significativement plus élevés que ceux de la population active (p = 0,001). Ils ont besoin de services dans les sphères autres que l’emploi.
Les services ont permis à 62 % des participants de trouver un emploi régulier sur le marché du travail. Le tiers était toujours dans le même emploi après 12 mois. Les clients d’AMO et les employeurs se sont montrés très satisfaits des services reçus.
La participation sociale se définit comme le niveau de réalisation des habitudes de vie d’une personne dans un environnement donné. Les obstacles à cette participation sont plus ou moins nombreux et varient selon les particularités de chaque personne (sa santé, sa culture, son environnement physique ou social, etc.) Ils seront tantôt évidents (p. ex., absence d’ascenseur pour les personnes se déplaçant avec assistance motrice), tantôt plus difficiles à cerner, comme dans le cas de conditions « invisibles » comme l’autisme ou la déficience intellectuelle (DI). Le fait qu’une condition soit physiquement peu visible ne signifie toutefois pas l’absence de défis, et les personnes présentant l’une de ces conditions peuvent avoir besoin de soutien pour réaliser leurs habitudes de vie (à l’école, à la maison, dans la communauté) et, ainsi, favoriser leur pleine participation sociale.
Comme certaines personnes autistes ou ayant une DI rencontreront des défis toute leur vie, il est possible qu’elles nécessitent un soutien continu aux différentes étapes de leur développement personnel et social. Or, peu de services formels ciblent la participation sociale des adultes autistes ou ayant une DI, et ce, en dépit du fait qu’il est reconnu que cette participation sociale peut promouvoir le bien-être émotionnel, physique, psychologique et social des personnes et de leur famille. Ce manque de services particuliers pour les adultes n’est pas surprenant, car la recherche porte principalement sur la petite enfance et les interventions précoces. À titre d’exemple, moins de 2 % des études scientifiques sur l’autisme concernent les adultes (20 ans et plus) et les interventions visant à soutenir leur participation sociale. Ainsi, il est primordial que les chercheurs continuent à s’intéresser à la participation sociale des adultes autistes et des adultes ayant une DI pour soutenir et maintenir durablement leur inclusion et leur participation sociale (travail, bénévolat, loisirs, vie sociale, études, etc.).
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