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Femmes afro-descendantes du Québec et violences sexuelles: un état des lieux

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Kharoll-Ann Souffrant : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Au Québec, peu d'écrits scientifiques ont porté sur les violences sexuelles vécues par les femmes afrodescendantes de la province, qu'elles soient nées en sol québécois, au Canada ou ailleurs dans le monde. C'est dans ce contexte que la thèse doctorale de la présentatrice vise à pallier le manque d'écrits scientifiques sur cette question, et ce, en relation avec le mouvement québécois #MoiAussi, devenu viral en octobre 2017. Cette présentation est tirée d’une recension des écrits réalisée dans le cours Pouvoir, féminismes et militantisme politique (FEM6500/POL 7502) à la session hiver 2020. Elle vise trois objectifs : 1) faire un état des lieux sommaire et préliminaire sur les connaissances actuelles en ce qui a trait à cette problématique sociale; 2) contrer l'effacement et l’invisibilisation des femmes afrodescendantes québécoises dans la lutte aux violences sexuelles; 3) dégager des pistes de réflexion pour la pratique, la recherche et les politiques publiques en lien avec cette population.

Résumé du colloque

Les violences faites aux femmes, particulièrement la violence sexuelle et la violence conjugale, ciblent un grand nombre de victimes tout en demeurant parmi les crimes les moins rapportés à la police (Benoit et al., 2015; Sinha, 2013). Plusieurs mouvements de dénonciation et campagnes de sensibilisation ont voulu mettre en lumière les barrières auxquelles sont confrontées les femmes survivantes de violences qui souhaitent faire une dénonciation (p. ex., le mouvement #MeToo, 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, etc.). Ces prises de parole publiques ont gagné en visibilité dans les dernières années. Elles ont facilité une conversation collective autour de ces enjeux sociaux d’importance. Néanmoins, il reste beaucoup à faire pour mieux répondre aux besoins des femmes survivantes de violences, particulièrement celles vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression. Bien qu’ils soient embryonnaires, plusieurs écrits scientifiques avancent que les femmes vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression sont surreprésentées parmi les survivantes de violences au Canada, notamment les femmes autochtones, les femmes en situation de handicap, les femmes immigrantes et réfugiées, les femmes issues des communautés LGBTQ2S ou encore celles évoluant en contexte francophone minoritaire (Benoit et al., 2015). Au Québec, le mouvement féministe cherche à s’actualiser afin de prendre davantage en compte, tant dans la pratique que dans la recherche, les différences existant entre les femmes comme groupe social (Corbeil et al., 2018; Lopez, 2017; Pagé et Pires, 2015; Corbeil et Marchand, 2006). Enfin, plusieurs femmes sont dans l’impossibilité de prendre part à des campagnes de sensibilisation et des mouvements de dénonciation ou ne se sentent pas concernées par celles-ci pour diverses raisons qui doivent être davantage documentées. Ainsi, ces éléments revêtent des implications cruciales pour le travail social et les études féministes étant donné leurs liens étroits avec la prévention, la recherche, l’accompagnement et l’intervention auprès des femmes survivantes de violences.

Ce colloque est organisé conjointement par le Collectif de recherche féministe anti-violence (FemAnVi) de l’Université d’Ottawa et le Réseau québécois en études féministes (RéQEF).

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

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