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« Invisibles : Briser les tabous de la violence dans les communautés lesbiennes+ pour mieux intervenir »

AM

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Audrey Mantha : Centre de solidarité lesbienne

Résumé de la communication

La majorité des violences sont commises par des hommes et que les victimes
sont des femmes. De surcroit, les victimisations avec violence sont plus fréquentes chez les
lesbiennes et les femmes bisexuelles que chez les hétérosexuelles (Beauchamp,2004). On estime
que les agressions à caractère sexuel ne sont généralement pas signalées, ce qui empêche de prendre
conscience de l’étendue du phénomène (Benoit, Shumka, Phillips, & al.,2015) et des enjeux
intersectionnels pour soutenir les femmes. Si le mouvement #metoo a certainement permis d’ouvrir
le dialogue, il reste toutefois ancré dans un contexte occidental, patriarcal et hétéronormatif. Ainsi,
les femmes LGBTQ+ peinent à s'y reconnaître. Leurs relations sont ponctuées
de violences commises à la fois par des hommes et par des femmes. Au CSL, 66% des cas de
violence conjugale et 50% des cas de violence à caractère sexuel répertoriés dans les 12 derniers
mois ont été commis par des femmes. En ce sens, il apparaît primordial de prendre en compte les
enjeux spécifiques des femmes LGBTQ+ lors d’un dévoilement ainsi que dans la planification de
l’intervention, notamment le contexte macro d’hétérosexisme et d’hétéronormativité, les tabous de
la violence faite aux femmes et de la violence des femmes et les diverses intersections possibles
(expression de genre, origine ethnique, handicap, configurations relationnelles, etc.). Quelques
pistes d’action seront proposées afin de favoriser l’accès aux services et d’améliorer les pratiques
sur le terrain.

Résumé du colloque

Les violences faites aux femmes, particulièrement la violence sexuelle et la violence conjugale, ciblent un grand nombre de victimes tout en demeurant parmi les crimes les moins rapportés à la police (Benoit et al., 2015; Sinha, 2013). Plusieurs mouvements de dénonciation et campagnes de sensibilisation ont voulu mettre en lumière les barrières auxquelles sont confrontées les femmes survivantes de violences qui souhaitent faire une dénonciation (p. ex., le mouvement #MeToo, 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, etc.). Ces prises de parole publiques ont gagné en visibilité dans les dernières années. Elles ont facilité une conversation collective autour de ces enjeux sociaux d’importance. Néanmoins, il reste beaucoup à faire pour mieux répondre aux besoins des femmes survivantes de violences, particulièrement celles vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression. Bien qu’ils soient embryonnaires, plusieurs écrits scientifiques avancent que les femmes vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression sont surreprésentées parmi les survivantes de violences au Canada, notamment les femmes autochtones, les femmes en situation de handicap, les femmes immigrantes et réfugiées, les femmes issues des communautés LGBTQ2S ou encore celles évoluant en contexte francophone minoritaire (Benoit et al., 2015). Au Québec, le mouvement féministe cherche à s’actualiser afin de prendre davantage en compte, tant dans la pratique que dans la recherche, les différences existant entre les femmes comme groupe social (Corbeil et al., 2018; Lopez, 2017; Pagé et Pires, 2015; Corbeil et Marchand, 2006). Enfin, plusieurs femmes sont dans l’impossibilité de prendre part à des campagnes de sensibilisation et des mouvements de dénonciation ou ne se sentent pas concernées par celles-ci pour diverses raisons qui doivent être davantage documentées. Ainsi, ces éléments revêtent des implications cruciales pour le travail social et les études féministes étant donné leurs liens étroits avec la prévention, la recherche, l’accompagnement et l’intervention auprès des femmes survivantes de violences.

Ce colloque est organisé conjointement par le Collectif de recherche féministe anti-violence (FemAnVi) de l’Université d’Ottawa et le Réseau québécois en études féministes (RéQEF).

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

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