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Sophie Calmé : Université de Sherbrooke
Il y a une reconnaissance grandissante que la conservation ne doit pas être seulement effective sur le plan écologique, mais qu’elle doit aussi être socialement juste. Ne pas reconnaître cette dimension sociale nous expose à des conflits qui ne feront qu’augmenter au cours de l’Anthropocène. Ces conflits surgissent lorsque les acteurs concernés par un problème de gestion de la biodiversité ont des relations de pouvoirs asymétriques. On observe alors fréquemment l’utilisation de mesures envers la biodiversité qui ont des conséquences négatives. La conservation de la biodiversité passe donc par la reconnaissance de ces conflits et la compréhension des facteurs qui les sous-tendent, afin de rechercher des solutions socialement acceptables. Nous illustrons cette quête avec le cas du jaguar, une espèce strictement protégée. Dans le sud du Mexique, la coexistence du jaguar avec les éleveurs se traduit par des interactions parfois négatives, où les jaguars attaquent le bétail et les éleveurs éliminent les jaguars. Dans ce contexte, nous avons cherché à comprendre les perceptions de justice des éleveurs face à la gestion du jaguar, et leurs déterminants internes et externes. Nous avons aussi exploré les déterminants de leur tolérance au jaguar. A partir de cette étude de cas, nous proposons d’aborder les conflits autour de la biodiversité en utilisant des approches dialogiques, et en reconnaissant les différents modes de vie et valeurs de tous les acteurs impliqués.
La surexploitation, la récolte sélective, la pollution, l’invasion par des espèces exotiques et les changements climatiques représentent des défis de taille pour la persistance des populations animales sauvages. Ces bouleversements, majoritairement causés par l’Homme, mènent certaines espèces au gouffre de l’extinction. La littérature suggère toutefois que d’autres espèces s’ajustent ou modifient leur distribution pour fuir vers des environnements plus favorables; d’autres encore pourraient devenir surabondantes, voire nuisibles. L’entrée à l’ère de l’Anthropocène est marquée par des changements globaux qui affectent déjà les espèces animales aux échelles populationnelle, individuelle et génétique. Les populations humaines pourraient aussi avoir à s’adapter à un nouvel environnement dans un avenir rapproché.
Un des grands défis auquel nous faisons actuellement face, et qui prendra de l’ampleur avec l’intensification des activités humaines, est de prévoir les conséquences démographiques de ces activités afin d’assurer une gestion adéquate des populations animales sauvages. Puisqu’à l’ère de l’Anthropocène, l’Homme est aussi une partie intégrante de la nature, un défi supplémentaire consiste à tenir compte des considérations sociales dans l’élaboration des pratiques de gestion de la faune. Pour y arriver, rassembler et mettre à jour les connaissances actuelles dans un esprit de collaboration est d’une importance cruciale. Prédire les conséquences des scénarios futurs l’est tout autant pour cibler les actions adéquates à entreprendre en gestion et conservation de la faune. De plus, en touchant une myriade d’espèces de tous les milieux, ce défi transcende les frontières disciplinaires. Des experts de plusieurs disciplines scientifiques sont et seront donc appelés à collaborer et à travailler ensemble pour atteindre des objectifs visant à préserver la biodiversité dans une ère marquée par l’activité humaine. Ce symposium représente donc une occasion tout à fait indiquée pour rassembler les experts de disciplines variées et les non-experts qui désirent discuter, mettre à jour leurs connaissances et faire part de leurs découvertes sur le sujet de la gestion des populations animales à l’ère de l’Anthropocène.
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