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La détresse psychologique dans un contexte de restructuration : L’effet de la justice du processus

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Noémie Didot : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les restructurations d’entreprises accroissent le niveau de détresse psychologique des employés (c.-à-d. la dépression et l’anxiété) en raison de l’incertitude liée à la période de préparation du changement et de l’intensification du travail qui en résulte.

L’objectif de notre étude consiste à déterminer dans quelle mesure et de quelle manière les perceptions des employés à l’égard de la justice du processus de restructuration influencent leur niveau de détresse psychologique lorsque l’on tient compte des résultats de la restructuration. Pour ce faire, nous mobilisons deux cadres théoriques, soit la perspective relationnelle de la justice (Lind et Tyler, 1988) et le modèle du déséquilibre effort-récompense (Siegrist, 1996).

Les données ont été collectées à l’aide d’un questionnaire électronique auprès de 294 employés d’une entreprise opérant dans l’industrie pharmaceutique, ce qui chiffre le taux de réponse à 50%. Des tests de médiation ont permis de vérifier nos hypothèses de recherche.

Nos résultats montrent que les perceptions de justice relative au processus de restructuration (justice à l’égard des règles de prises de décision ; justice interpersonnelle, justice informationnelle) exercent une influence sur la détresse psychologique parce qu’elles signalent aux employés dans quelle mesure ils sont considérés et estimés par la direction. Cette influence est toujours observable un an après l’implantation des changements.

Résumé du colloque

Conjuguer santé et travail n’a jamais été aussi difficile. Les constants changements socioéconomiques, technologiques et organisationnels favorisent une intensification du travail et une amplification des attentes de performance et de productivité. Ces pressions ont un coût substantiel : une enquête du Conference Board of Canada (2017) rapporte que le stress au travail coûte au pays près de 50 milliards de dollars, dont 32,3 milliards sont liés à la dépression et 17,3 milliards sont liés à l’anxiété. La dépression est d’ailleurs reconnue par l’Organisation internationale du travail (2018) comme la première cause d’invalidité dans le monde.

En parallèle, les besoins de la population active en matière de santé et de qualité de vie au travail s’accroissent. La conciliation entre les attentes des organisations et les besoins des individus passe par le développement des connaissances en santé organisationnelle. Ce champ d’études est ancré dans une tradition multidisciplinaire (management, santé et sécurité du travail, relations industrielles, psychologie, ergonomie, santé publique, etc.) sous-tendant des enjeux multicausaux complexes (Dagenais-Desmarais et coll., 2013). L’effervescence actuelle des publications en santé organisationnelle peut s’expliquer par le fait qu’elle englobe plusieurs enjeux fondamentaux liés à la productivité des organisations, et cela, dans le respect des personnes qui y travaillent.

Malgré les avancées scientifiques et le développement de pratiques exemplaires dans le domaine, force est de constater que nous avons encore du chemin à parcourir pour que les organisations saines deviennent la norme dans notre société. Ce colloque a comme objectif de faire le point sur les derniers travaux en santé organisationnelle et de se concerter entre chercheurs, étudiants, décideurs et utilisateurs afin de valoriser le transfert de nos connaissances vers les milieux de travail.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Nathalie Cadieux
section icon Date : 3 mai 2021

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