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Stéphane Vial : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication vise à faire le point sur le rôle grandissant du design dans les services numériques de santé mentale et, plus généralement, sur le nouveau champ émergent du design pour la cybersanté mentale. Dans un premier temps, nous nous appuierons sur une revue de littérature exploratoire basée sur un corpus de 23 articles constitués à partir d'une base de données de 250 publications pour présenter les quatre approches de design les plus utilisées et mobilisées en santé mentale numérique, à savoir : le design centré sur l'utilisateur, le design participatif, le codesign, et le design thinking. Nous analyserons comment ces quatre approches sont interprétées et appliquées en santé mentale numérique. Ensuite, nous expliquerons en quoi consiste le design pour la cybersanté mentale, considéré comme un nouveau cadre d'innovation sociale pour les interventions numériques en santé mentale. Le design pour la cybersanté mentale fait référence au large éventail des stratégies de design centrées sur l'humain et des stratégies créatives interdisciplinaires qui permettent de définir la structure, la fonction et la forme d'un service numérique de santé mentale de haute qualité expérientielle. Nous discuterons également de la croissance des startups dans le domaine de la santé mentale numérique et montrerons en quoi elles prennent le mauvais chemin. En troisième et dernier lieu, nous présenterons et analyserons deux études de cas emblématiques de la nouvelle approche que nous appelons design pour la cybersanté mentale. Le premier cas est TemStem (Pays-Bas), une application pour smartphone destinée aux personnes qui entendent des voix et qui sont gênées par celles-ci dans leurs activités quotidiennes, basée sur une étroite collaboration entre des designers, des psychothérapeutes et des personnes souffrant de psychose. Le deuxième cas est celui de Mentallys (Canada), un système d'accès aux soins de santé mentale et de suivi à long terme basé sur une application mobile, axé sur l'anxiété et la dépression et co-construit avec les utilisateurs finaux (cliniciens, patients et soignants) grâce à des méthodes de codesign fortement centrées sur le patient et grâce à des collaborations multidisciplinaires.
Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?
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