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Bénédicte Boissard : Centre de services scolaire de la Rivière-du-Nord
Le projet de recherche a tenté de mieux comprendre comment les croyances de l’enseignant de science technologie (ST) influencent la motivation de ses élèves. À l’aide de questionnaires, les croyances des enseignants concernant l’enseignement, l’apprentissage et la nature de la ST ont été catégorisées et mises en relation avec les composantes motivationnelles des élèves, telles que le sentiment d’autoefficacité, d’autodétermination, de motivation intrinsèque, de motivation à faire carrière en ST et de motivation à avoir de bonnes notes. Après une analyse typologique de la posture pédagogique des enseignants, deux classes se sont formées. D'un côté, les «subjectifs, réfractaires et directifs» qui conçoivent la science comme étant subjective, qui n’entretiennent pas une attitude favorable à la technologie tout en étant moins convaincu de la pertinence de laisser beaucoup d’autonomie à leurs élèves. De l’autre, on trouve les «objectifs, technophiles et participatifs» qui conçoivent la science comme étant plutôt objective, qui ont une attitude favorable à l’enseignement de la technologie et qui optent pour une plus grande autonomie des élèves. L’utilisation de régressions linéaires n’a pas permis de confirmer l’hypothèse selon laquelle la posture pédagogique de l’enseignant de ST influence la motivation de ses élèves. Le très petit échantillon (N=25), la méthode d’échantillonnage et le devis transversal pourraient expliquer l’absence de résultats concluants.
Au cours des dernières décennies, l’avancement du savoir scientifique et le développement technologique ont influencé profondément les sociétés. Dans ce contexte, une éducation scientifique et technologique de qualité a le potentiel d’influencer la compréhension que peuvent avoir les élèves au regard des enjeux sociétaux actuels (UNESCO, 2016). De plus, une telle éducation peut aussi conduire au développement d’un regard critique dans un contexte où les sources d’informations ne cessent de croître (Baillargeon, 2018). Or, de nombreux enjeux limitent l’atteinte de tels objectifs. Dans l’enseignement préscolaire et primaire, la place des sciences demeure précaire par rapport à d’autres matières (Conseil supérieur de l’éducation, 2013) et les enseignantes et enseignants affichent généralement un faible sentiment d’autoefficacité (d’Alessio, 2018). Au secondaire, on note une diminution marquée de l’intérêt des élèves pour les sciences et les technologies (Potvin et Hasni, 2014) ainsi qu’une tendance à inscrire les enseignements dans des contextes qui ne sont pas toujours très signifiants pour les élèves (Ayotte-Beaudet, Potvin et Riopel, 2019). Ces exemples de problèmes incitent bon nombre d’étudiantes et d’étudiants aux cycles supérieurs à mener des recherches qui s’intéressent à l’éducation scientifique et technologique. En 2010, le Conseil supérieur de l’éducation mettait d’ailleurs en relief l’importance de la contribution intellectuelle et scientifique des recherches menées par ces derniers aux cycles supérieurs.
L’objectif du colloque est de dresser un portrait des problèmes contemporains associés à l’éducation scientifique et technologique du préscolaire au secondaire en s’intéressant aux recherches menées par les étudiantes et les étudiants dans ce domaine. Ce portrait permettra d’apporter des réponses à une question de société qui nous paraît essentielle : comment l’enseignement des sciences et des technologies peut-il contribuer à l’émancipation socioscientifique des élèves du préscolaire au secondaire?
Titre du colloque :