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La production de données naturalistes par les amateurs associatifs en France : un moyen ou une fin en soi ?

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Agnes Fortier : Université Paris-Saclay

Résumé de la communication

Considérés comme les principaux pourvoyeurs de données sur la nature en France, les associations naturalistes ont largement contribué à la préservation du patrimoine naturel. Cependant, la globalisation des enjeux de biodiversité marque un tournant dans la manière de gouverner le vivant. Celle-ci est désormais fondée sur la production et l’accumulation de données à grande échelle et la mise en place d’infrastructures de la connaissance (Edwards, 2013). Afin de rendre compte de ces changements et de leurs conséquences pour les associations nous examinerons le processus de production des données au sein du monde associatif d’une part et la mise en œuvre d’un dispositif baptisé système d’information sur la nature et les paysages (SINP) d’autre part. Ce dernier destiné à standardiser les données doit faciliter leur accès et contribuer à favoriser la participation des citoyens à la décision publique (convention d’Aarhus). À partir d’une approche socio-anthropologique, nous montrerons tout d’abord que ce dispositif conduit à mettre en lumière deux conceptions de la donnée qui disposent chacune de leur légitimité mais témoignent de formes différentes de rapports à la nature et questionne les fondements de la production des données. Nous examinerons ensuite en quoi ce dispositif technoscientifique recourt à une expertise complexe qui reconfigure les savoirs et les formes de pouvoir entre les institutions concernées.

Résumé du colloque

Le monitoring des dégradations de l’environnement dans nos sociétés connaît un tournant depuis une trentaine d’années avec la montée d’une expertise citoyenne. Dans le domaine de l’hydrologie, de la pollution de l’air ou encore de l’érosion de la biodiversité, on constate la réunion de conditions, sociales et techniques, pour que des citoyens s’engagent dans l’action militante par la collecte de données et le suivi cognitif de l’évolution de leur environnement.

Au congrès de l’Acfas 2017, un colloque sur les sciences à l’ère numérique avait réuni des travaux sur la question des sciences participatives dans le contexte de connaissance de la biodiversité. En avril 2018 à Paris, un autre colloque intitulé « Capteurs et sciences participatives » traitait plus particulièrement de la mesure citoyenne des pollutions. Le présent colloque vise, sous le terme générique de « monitoring citoyen », à développer les enjeux sociopolitiques et épistémiques communs à ces nouvelles formes d’implication populaire dans l’observation de la nature et dans le suivi des pollutions. Quels sont les effets de la participation élargie sur l’expertise? La pratique citoyenne répond-elle aux promesses de transparence et d’empowerment définies dans le cadre de la « société de la connaissance »?

Sous-thèmes :

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Florian Charvolin
section icon Date : 3 mai 2021

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