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La réalité des femmes autochtones vivant en situation d’itinérance ou à risque de l’être à Montréal

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Mélodie Racine : La Porte Ouverte Montréal / The Open Door Montréal

Résumé de la communication

En tant que directrice générale de La Porte Ouverte Montréal/ The Open Door Montréal, je viens ici faire une présentation sur la réalité des femmes autochtones vivant en situation d’itinérance à Montréal. Situé sur le Plateau de Mont-Royal, le centre de jour pour lequel je travaille ouvre ses portes de 7h30 à 15h. À tous les jours de la semaine, trois intervenants psychosociaux accueillent la population qui fréquentent l’organisme et deux autres suivent les participants du programme Housing First avec l’approche basée sur les forces. Plusieurs services de base et programmes permettent à la ressource d’apporter un peu de confort et de soutien dans le quotidien et les démarches d’environ une centaine de personnes par jour.

Parmi celles-ci, près de la moitié sont d’origine autochtone, plus spécifiquement Inuits. Vivant le racisme systémique, souvent avec un bagage rempli de trauma intergénérationnels, victime des préjudices envers les personnes en situation d’itinérance en plus de grave trouble de dépendance comme de codépendance, je crois que nous pouvons affirmer que je travaille, entre autres, avec des femmes vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression.

J’aimerais donc partager avec vous mon expérience et y joindre celle d’autres intervenants issus du milieu communautaire de Montréal, afin de mieux comprendre les besoins des femmes survivantes de violences.

Résumé du colloque

Les violences faites aux femmes, particulièrement la violence sexuelle et la violence conjugale, ciblent un grand nombre de victimes tout en demeurant parmi les crimes les moins rapportés à la police (Benoit et al., 2015; Sinha, 2013). Plusieurs mouvements de dénonciation et campagnes de sensibilisation ont voulu mettre en lumière les barrières auxquelles sont confrontées les femmes survivantes de violences qui souhaitent faire une dénonciation (p. ex., le mouvement #MeToo, 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, etc.). Ces prises de parole publiques ont gagné en visibilité dans les dernières années. Elles ont facilité une conversation collective autour de ces enjeux sociaux d’importance. Néanmoins, il reste beaucoup à faire pour mieux répondre aux besoins des femmes survivantes de violences, particulièrement celles vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression. Bien qu’ils soient embryonnaires, plusieurs écrits scientifiques avancent que les femmes vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression sont surreprésentées parmi les survivantes de violences au Canada, notamment les femmes autochtones, les femmes en situation de handicap, les femmes immigrantes et réfugiées, les femmes issues des communautés LGBTQ2S ou encore celles évoluant en contexte francophone minoritaire (Benoit et al., 2015). Au Québec, le mouvement féministe cherche à s’actualiser afin de prendre davantage en compte, tant dans la pratique que dans la recherche, les différences existant entre les femmes comme groupe social (Corbeil et al., 2018; Lopez, 2017; Pagé et Pires, 2015; Corbeil et Marchand, 2006). Enfin, plusieurs femmes sont dans l’impossibilité de prendre part à des campagnes de sensibilisation et des mouvements de dénonciation ou ne se sentent pas concernées par celles-ci pour diverses raisons qui doivent être davantage documentées. Ainsi, ces éléments revêtent des implications cruciales pour le travail social et les études féministes étant donné leurs liens étroits avec la prévention, la recherche, l’accompagnement et l’intervention auprès des femmes survivantes de violences.

Ce colloque est organisé conjointement par le Collectif de recherche féministe anti-violence (FemAnVi) de l’Université d’Ottawa et le Réseau québécois en études féministes (RéQEF).

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

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