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Florence Millerand : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les bouleversements récents induits par l’utilisation du numérique amènent à penser le renouvellement des méthodes en sciences sociales en particulier, en termes de changement radical rompant avec les façons de faire existantes. Une autre interprétation, proposée initialement par Noortje Marres, envisage plutôt la reconfiguration du paysage méthodologique comme une redistribution des méthodes qui serait en partie le fruit de leur adaptation aux caractéristiques du numérique. Cette redistribution participerait d’une reconfiguration des relations entre les acteurs impliqués dans l’activité de recherche (chercheurs et chercheuses, utilisateurs et utilisatrices, plateformes, etc.) aboutissant, entre autres, à de nouvelles répartitions des compétences, du pouvoir et de la légitimité. Les reconfigurations en cours poseraient par ailleurs des défis épistémologiques permettant de revisiter les présupposés méthodologiques de la recherche en sciences sociales. Dans cette présentation, nous présenterons une critique de l’hypothèse d’une redistribution des méthodes pour penser les conséquences du virage numérique sur la recherche. À partir d’une cartographie des méthodes (méthodes traditionnelles, computationnelles (big methods), virtuelles (virtual methods) et numériques (digital methods)), nous discuterons l’hypothèse de la redistribution tant des méthodes que des acteurs de la recherche pour réfléchir à la construction sociale de la connaissance au temps de la transition numérique.
La croissance rapide des technologies de l’information et des communications ainsi que l’innovation dans les systèmes numériques sont à l’origine d’une révolution qui bouscule nos modes de pensée, de comportement, de communication et de travail (ONU, 2015). Dans les universités et les instituts de recherche, les chercheurs de tous horizons utilisent divers outils numériques afin de faire progresser leurs travaux de recherche d’une manière efficace, efficiente et créative. À mesure que les nouvelles technologies se déploient dans le domaine de la recherche, plusieurs débats émergent quant au nouveau sens qu’elles y apportent et quant à l’incidence de ces technologies sur les méthodes de recherche et d’analyse des données. Ce phénomène soulève également d’importants enjeux associés à la qualité, à la quantité, à la validité et à la fiabilité de ces données. Dans ce contexte et à l’heure du cloud, du software as a service (SAS), du big data et des géants mondiaux du numérique, un débat interdisciplinaire autour de ces sujets plus qu’actuels s’impose, en continuité avec les échanges effervescents à ce sujet, très présents dans les milieux universitaires. À cette fin, ce colloque offre un espace de partage et d’échange entre chercheurs sur le rôle du numérique dans la transformation des méthodes et des outils de recherche à travers un large éventail de disciplines et permet d’effectuer un état des lieux à partir d’exemples concrets.
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