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Hélène Castany-Owhadi : LIRDEF EA 3749
Cette communication s’appuie sur une thèse qui étudie les reformulations orales en contexte d’atelier de production d’écrits en première année du primaire. Nos données sont issues de la recherche Lire et Écrire au CP (Goigoux, 2016), les résultats nous ayant conduit à approfondir le rôle des reformulations orales considérées comme susceptibles d’expliquer les performances des élèves en écriture. Notre corpus est composé de onze séances dans quatre classes contrastées en termes d’efficacité en écriture. Notre analyse s’appuie sur le modèle des actes de reformulation ainsi que sur notre typologie des reformulations de l’« écrit dans l’oral » qui prend en compte la multimodalité (Rabatel, 2010; Cadet, 2014) et la dimension « méta ». Nous mettons en évidence des indicateurs d’expertise langagière, la reformulation orale étant considérée comme « un élément de l’expertise professionnelle » (Garcia-Debanc, 2007) et comme un « analyseur de l’activité enseignante » (Marin, 2011), voire didactique. Les résultats font apparaitre un nombre et un certain type de reformulations caractéristiques des pratiques de classe considérées comme les plus efficaces en écriture : la paraphrase, les reformulations de l’« écrit dans l’oral » avec modalités gestuelles/verbales du côté du maitre ainsi qu’un nombre de reformulations ne dépassant pas un certain seuil afin d’éviter un effet d’« encombrement »; la paraphrase et les reformulations avec de l’ « écrit dans l’oral » distancé du côté des élèves.
Au cours des deux dernières décennies, la didactique de l’oral a été le théâtre d’une multiplication de travaux sur les pratiques d’enseignement de l’oral et sur les dispositifs permettant de soutenir ces dernières, mais son évaluation demeure peu explorée et pose encore, à ce jour, des questions fondamentales : quels contextes, quels outils, quelles pratiques, etc.? En outre, de nombreux éléments rendent cette évaluation difficile, voire périlleuse : la multimodalité de l’oral, le rapport à l’objet des enseignants fréquemment calqué sur celui de l’écrit (reproduction des modes d’évaluation de l’écriture à l’oral), la transversalité de l’oral, le recours à du matériel d’enregistrement, le caractère chronophage des modalités d’évaluation de l’oral, etc. Force est de constater que plusieurs zones d’ombre persistent relativement à l’évaluation de l’oral, tant dans la recherche que dans la pratique, et la nécessité de se pencher sur cette problématique se fait de plus en plus sentir, notamment avec les besoins de formation exprimés par les praticiens.
Cette année, les participants au colloque sont invités à se pencher sur la question de l’évaluation de l’oral, et ce, dans différents contextes, ainsi que sur la question de son enseignement. L’événement permet d’aborder l’enseignement et l’évaluation de l’oral sous ses différents angles aux différents niveaux d’enseignement avec les principaux acteurs concernés et, surtout, d’envisager des pistes innovantes à explorer. La compréhension des enjeux de l’enseignement et de l’évaluation du français est en constante évolution, et le besoin chez les formateurs et chez les chercheurs de poursuivre les travaux dans ce domaine demeure une nécessité. Le colloque permet donc une réflexion commune des chercheurs qui s’intéressent au sujet.
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