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Véronique Van Tilbeurgh : Université Rennes 2
L’objectif de cette communication est d’interroger le lien entre des dispositifs de monitoring participatif et les politiques publiques. Ces dispositifs seront analysés comme des processus d’hybridation des connaissances, articulant différents types d’expertise et une division du travail scientifique au sein duquel se jouent des relations de subordination entre les savoirs. Questionnée sous l’angle de l’hybridation des savoirs, cette communication suggère que le monitoring participatif est un outil de légitimation des politiques publiques répondant à une situation incertaine. Ce monitoring rend visible ces dommages environnementaux et permet de légitimer et d’ancrer dans les pratiques quotidiennes des participants le récit de la réparation de la nature. La communication compare 3 dispositifs :
- l’un s’adresse aux botanistes amateurs de La Réunion invités à repérer les plantes envahissantes en vue de leur éradication,
- le second concerne l’expérimentation Ambassad’Air de la ville de Rennes,
- le troisième est porté par des scientifiques qui amplifient la collecte des données sur la qualité de l’eau en Bretagne.
Cette comparaison montrera qu’à La Réunion et à Rennes, les données issues de cette mobilisation d’acteurs sont peu exploitables en raison des modalités de collecte et du contexte institutionnel strictement contrôlé par des experts scientifiques. Dans le dernier cas, la fiabilité des données repose sur une forme spécifique d’hybridation des connaissances.
Le monitoring des dégradations de l’environnement dans nos sociétés connaît un tournant depuis une trentaine d’années avec la montée d’une expertise citoyenne. Dans le domaine de l’hydrologie, de la pollution de l’air ou encore de l’érosion de la biodiversité, on constate la réunion de conditions, sociales et techniques, pour que des citoyens s’engagent dans l’action militante par la collecte de données et le suivi cognitif de l’évolution de leur environnement.
Au congrès de l’Acfas 2017, un colloque sur les sciences à l’ère numérique avait réuni des travaux sur la question des sciences participatives dans le contexte de connaissance de la biodiversité. En avril 2018 à Paris, un autre colloque intitulé « Capteurs et sciences participatives » traitait plus particulièrement de la mesure citoyenne des pollutions. Le présent colloque vise, sous le terme générique de « monitoring citoyen », à développer les enjeux sociopolitiques et épistémiques communs à ces nouvelles formes d’implication populaire dans l’observation de la nature et dans le suivi des pollutions. Quels sont les effets de la participation élargie sur l’expertise? La pratique citoyenne répond-elle aux promesses de transparence et d’empowerment définies dans le cadre de la « société de la connaissance »?
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