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Yalla Sangaré : Université Sainte-Anne
Bien que plusieurs études montrent que celui-ci forme une majorité au sein des institutions universitaires, le travail du personnel académique contractuel n'est pas apprécié à sa juste valeur. La précarité y constitue la norme et non l'exception. L'Association canadienne des professeures et professeurs d'universités (ACPPU) a mené une vaste enquête cherchant à mieux connaître la réalité du personnel académique contractuel au Canada. L'objet de cette communication est de revisiter les principaux constats de cette enquête, et de le faire en tenant compte notamment des importants changements depuis mars 2020. En effet, la pandémien’a pas amélioré les choses. Quel a été l’impact de la COVID sur le personnel académique contractuel ? Quels sont les premiers enseignements à tirer de cette nouvelle réalité ? Qu'entraînent, en matière d'action collective, les résultats obtenus ? L’importance grandissante du numérique et la multiplication des modes de prestation des cours accentuent la pression sur des travailleurs du savoir déjà vulnérables. La situation au Canada montre toutefois que des progrès sont possibles : la négociation collective et la solidarité offrent des perspectives intéressantes. Il est difficile de bâtir un système éducatif postsecondaire de qualité en reléguant ses principaux architectes à sa périphérie. Il nous faut bâtir des ponts et des alliances entre les constituantes du personnel académique.
Avant même l’arrivée de la pandémie, le rapport du scientifique en chef sur l’Université québécoise du futur (automne 2020) faisait un certain nombre de constats sur les enjeux liés à l’importance grandissante du numérique et à l’attraction et la rétention de nouvelles générations d’étudiant.e.s. Les aménagements mis en place pour assurer l’offre des cours pendant la pandémie ont cristallisé ces enjeux et entraîneront des transformations à long terme pour les universités, transformations dont on ne connaît pas encore la teneur, mais qui auront un impact certain sur le travail des enseignant.e.s contractuel.le.s au sein de celles-ci.
Une tendance structurelle majeure demeure toutefois invisible, celle de la recomposition progressive du corps enseignant universitaire, dont une partie importante est constituée d’enseignant.e.s contractuel.le.s. Cette tendance est bien établie dans les universités canadiennes (ACPPU, 2014; Foster et Birdsell Bauer, 2018; Hoeller, 2014) et au-delà, aussi bien sur le continent nord-américain qu’ailleurs dans le monde. Au Québec, selon les données institutionnelles, c’est plus de la moitié des cours du 1er cycle qui sont aujourd’hui donnés par des enseignant.e.s contractuel.le.s.
Mettant à l’avant-plan l’enseignement comme mission fondamentale des universités, les changements engendrés par la pandémie ouvriront-ils la voie à une reconnaissance de la contribution de ces enseignant.e.s, ou, au contraire, consolideront-ils leur précarité structurelle et fragiliseront-ils leur voix et leurs « droits », comme le signalent les débats récents autour des libertés universitaires?
À cet égard, il paraît pertinent d’appliquer les concepts issus des théories subalternes au contexte de l’enseignement universitaire. Mettant en exergue les stratégies d’adaptation et de résistance des groupes subalternes, ces concepts peuvent s’avérer féconds pour appréhender et comprendre les reconfigurations en cours des structures universitaires. S’inspirant des théories subalternes, notre approche mettra l’accent sur la mobilisation des enseignant.e.s contractuel.le.s autour d’une culture infrapolitique afin de se tailler une place dans l’université néolibérale.
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