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Martine Verdy : Université de Montréal
Une analyse du développement hydroélectrique de Churchill Falls en tant que projet frontalier montre que les frontières politiques sont des instruments de création de ressources et d'édification de la nation renforcés par l'autorité de discours scientifiques et légaux. Ici, la loi et les processus juridiques mobilisent des discours techniques, transformant la frontière d’une ligne séparant deux territoires en une barrière efficace qui concentre les avantages de l’exploitation des ressources d’un côté et les coûts de l’autre. Là où il est communément admis que le discours nationaliste de « maîtres chez nous » du Québec a été rendu possible grâce à l’harnachement intensif de ses propres rivières, cette étude montre qu'il s'agit plutôt de la construction d'un barrage de 5 200 MW sur le territoire du Labrador à Terre-Neuve qui a généré la richesse et le savoir-faire nécessaires pour la construction des barrages québécois qui symbolisent sa modernité et son indépendance nationale. La méthodologie de cette recherche s'appuie sur l'analyse de documents d'archives, comprenant des périodiques, des documents légaux et des rapports statistiques sur la production et la disponibilité d'énergie des deux provinces. Ceci a permis d'intégrer et d'analyser les divers discours et perceptions d'une grande variété d'acteurs, notamment de représentants de gouvernements et d’entreprises, de travailleurs de la construction, de groupes environnementaux, d'avocats, de juges, d'experts et d'ingénieurs.
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