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Audrey Bélanger : Université de Sherbrooke
Contrairement au manuel scolaire, le roman historique (RH) est un genre littéraire apprécié des élèves (Hébert, 2019) offrant un contact plus naturel avec l’acte de lire et recelant des potentialités pour leur apprendre à penser par et avec les disciplines français et histoire (Reuter, 2007; 2018). Or, en dépit de ce potentiel didactique, la mise en œuvre d’une dynamique intégrative empruntant à la fois aux méthodes de questionnement littéraire et historien est complexe à opérationnaliser dans une relation dialectique équilibrée et non hiérarchique susceptible de les mettre en lumière (Lenoir, 2015). Nous cherchons donc à modéliser une intégration entre lecture littéraire (Dufays et al., 2015) et pensée historienne (Seixas et Morton, 2013) pour rendre plus claires aux enseignants les spécificités et la complémentarité de ces processus lectoraux. Le but ultime est de concourir à la formation de citoyens sensibles et critiques (Barton et Levstik, 2004; Dumortier, 2001). En cohérence avec la visée de développement que nous poursuivons, la recherche design en éducation (McKenney et Reeves, 2019), dans un processus itératif, qui s’inscrit dans la continuité des travaux que nous avons menés à la maîtrise (Bélanger, 2018), a été choisie. Ce cadre flexible nous permettra d’instaurer progressivement une modélisation pragmatique et respectueuse des principes didactiques de chaque discipline pour soutenir un enseignement intégratif français/histoire à partir d’un RH au secondaire.
La pandémie actuelle a mis en évidence l’effritement de la confiance citoyenne envers les savoirs scientifiques et une certaine vulnérabilité de la population à l’égard des fausses informations (Weber, 2019). En effet, avec la multiplicité des informations à caractère scientifique et l’éclatement des sources d’informations, notamment dans les médias sociaux, la parole scientifique est parfois confondue avec la parole « dissidente », qui relève de l’opinion. Ainsi, plusieurs s’inquiètent de la relation des adolescents avec ces sources d’informations alternatives (Daoust, 2017). Le développement d’une pensée critique à l’école s’avère essentiel et l’enseignement-apprentissage des sciences humaines et sociales (SHS) peut y contribuer (Lenoir, Hasni et Froelich, 2015).
De fait, l’apport des SHS au développement d’une pensée critique s’exprime de diverses manières, allant du développement d’une méthode d’analyse critique des documents (et des informations) (Gibson et Case, 2017; Seixas et Morton, 2013) à la construction d’une compréhension critique des dynamiques sociales et des jeux de pouvoir qui opèrent dans chaque phénomène social (Gibson, 2020), en passant par le développement d’une culture historique, géographique et politique capable de soutenir une réflexion informée sur le monde pluraliste d’hier, d’aujourd’hui et de demain (Grever, 2009). Les SHS permettent aux élèves de comprendre les enjeux actuels en maîtrisant des concepts complexes et en étant en mesure de les replacer dans un contexte sociopolitique, historique et géographique (Koerber, 2011). Les chercheurs émergents dans le domaine de recherche de la didactique des SHS proposent un renouvellement des objets de recherche pertinents pour mieux comprendre ce monde complexe. Leurs recherches mettent en lumière des enjeux clés et explorent des pistes de solution prometteuses pour améliorer la formation de citoyens capables de penser un monde complexe de manière critique et engagée.
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