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Carolanne Magnan-St-Onge : UQAM - Université du Québec à Montréal
Plusieurs séries télévisées québécoises récentes ont comme objectif d’offrir une mise en scène dite positive et réaliste des enjeux de santé mentale. Dans les journaux, elles sont acclamées pour leur démystification de la santé mentale (Lemieux, 2020) et leur bri de plusieurs tabous et préjugés qui entourent la consultation d’un.e psychologue (Roy, 2018; Therrien, 2018). Or, malgré l’importance de lutter contre la stigmatisation, ce type de discours reproduit l’idée qu’il y ait une vérité sur l’univers de la santé mentale, une façon neutre de la mettre en scène, et un corps professionnel qui la détiendrait. À partir d’une revue des écrits féministes sur les scénarios culturels de la « folie », et plus largement du handicap, cette contribution explore les défis de l’analyse des représentations de la santé (et maladie) mentale des femmes dans les séries télévisées. D’abord, elle présente un lieu de tension, au sein de travaux littéraires féministes, entre la fonction de la « folie » comme métaphore d’une révolte, sans effacer
la réalité matérielle des femmes qui vivent avec une forme de souffrance psychologique. Ensuite, elle introduit des idées, issues des études féministes des médias, sur les « politiques de la représentation » au sein des séries télévisées. Enfin, elle applique ces réflexions à l’analyse des discours de promotion, de prévention et de pro-action en matière de santé mentale dans la série Au secours de Béatrice.
Ce colloque rassemble des contributions issues des études féministes de la santé. L’espace politique de la santé ne cesse de croître et de déployer ses effets, notamment en ce qui concerne les normes de genre et de sexualité. Les recherches féministes sur cet espace prennent en compte les rapports de pouvoir qui le traversent en s’intéressant à la façon dont les savoirs et les pratiques de santé sont institués et instituent des normes de genre, ainsi qu’à la façon dont l’expérience de soin et les ressources en santé sont façonnées par les rapports sociaux de sexe et d’autres rapports de pouvoir, tels ceux de classe et de race. Ce colloque réunira des contributions qui s’interrogent sur les enjeux féministes des pratiques, des politiques et des savoirs de la santé.
Nous avons invité les contributions à travailler de manière critique la notion de santé et à prendre en compte les processus sociaux, politiques, scientifiques et professionnels qui produisent les définitions et les pratiques de la santé. Pour saisir l’emprise globale de la santé comme champ d’expertise, comme terrain de pratiques et comme valeur culturelle, les travaux peuvent porter sur les soins et l’organisation du travail de santé, y compris la santé publique et la santé mentale, sur les pratiques alternatives de santé, sur les mobilisations, notamment féministes, en lien avec la question de la santé, sur les controverses et les résistances aux institutions de santé, de même que sur la diffusion des discours sur la santé (y compris mentale) en dehors du champ traditionnel de la santé (médias, groupes de femmes, de patient.e.s, etc.). Les communications articulant ces enjeux autour de la période actuelle de pandémie sont également bienvenues. Nous considérerons les contributions de toute discipline, mais attendons des contributions qui usent des sciences sociales comme d’un outil de déconstruction des évidences prétendues naturelles qu’on associe à la notion de santé ainsi qu’à la notion de sexe biologique.
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