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Christian Dumais : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
La question de l’évaluation de la compétence à communiquer oralement demeure marginale dans les travaux en didactique de l’oral au Québec, mais également dans l’ensemble de la francophonie (Véga, 2015; Plessis-Bélair, Buors et Huard-Huberdeau, 2017). Dans le cadre d’une recherche collaborative menée en milieu plurilingue et pluriethnique au Québec auprès de six enseignantes du primaire, il a été possible d’explorer cette question. En effet, à raison de cinq rencontres par année pendant deux années, deux chercheurs et six enseignantes se sont questionnés à propos de l’enseignement et de l’évaluation de l’oral. De ces rencontres a émergé un important besoin concernant l’évaluation, qu’elle soit formative ou certificative, des différents objets de l’oral qui sont enseignés aux élèves du primaire. Chercheurs et praticiens ont donc coconstruit des outils pour faciliter l’évaluation, soit des documents de référence d’objets de l’oral, et ce, à partir des compétences réelles des élèves selon les trois cycles de l’école primaire québécoise (élèves de 6 à 12 ans). Cette communication présentera les résultats de cette recherche, soit l’ajustement des pratiques des enseignantes (perceptions de l’oral, façons de l’enseigner et de l’évaluer) ainsi que les documents de référence qui ont été élaborés, en plus des apports scientifiques identifiés par les chercheurs, notamment en ce qui concerne l’évaluation.
Au cours des deux dernières décennies, la didactique de l’oral a été le théâtre d’une multiplication de travaux sur les pratiques d’enseignement de l’oral et sur les dispositifs permettant de soutenir ces dernières, mais son évaluation demeure peu explorée et pose encore, à ce jour, des questions fondamentales : quels contextes, quels outils, quelles pratiques, etc.? En outre, de nombreux éléments rendent cette évaluation difficile, voire périlleuse : la multimodalité de l’oral, le rapport à l’objet des enseignants fréquemment calqué sur celui de l’écrit (reproduction des modes d’évaluation de l’écriture à l’oral), la transversalité de l’oral, le recours à du matériel d’enregistrement, le caractère chronophage des modalités d’évaluation de l’oral, etc. Force est de constater que plusieurs zones d’ombre persistent relativement à l’évaluation de l’oral, tant dans la recherche que dans la pratique, et la nécessité de se pencher sur cette problématique se fait de plus en plus sentir, notamment avec les besoins de formation exprimés par les praticiens.
Cette année, les participants au colloque sont invités à se pencher sur la question de l’évaluation de l’oral, et ce, dans différents contextes, ainsi que sur la question de son enseignement. L’événement permet d’aborder l’enseignement et l’évaluation de l’oral sous ses différents angles aux différents niveaux d’enseignement avec les principaux acteurs concernés et, surtout, d’envisager des pistes innovantes à explorer. La compréhension des enjeux de l’enseignement et de l’évaluation du français est en constante évolution, et le besoin chez les formateurs et chez les chercheurs de poursuivre les travaux dans ce domaine demeure une nécessité. Le colloque permet donc une réflexion commune des chercheurs qui s’intéressent au sujet.
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