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Les enjeux du port du masque sanitaire pour la communication socioaffective non verbale quotidienne

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Anna Tcherkassof : Université Grenoble Alpes

Résumé de la communication

En septembre 2020, le port du masque est devenu obligatoire en France pour le personnel des lieux d’accueil collectif des tout-petits. Les témoignages de près de 600 professionnels de la petite enfance ont été recueillis lors d’une enquête portant sur les réactions qu’ils observaient chez les jeunes enfants lors du port du masque et de son retrait. Bien que certains professionnels relèvent la capacité d’adaptation des enfants, la grande majorité d’entre eux soulignent des relations intersubjectives altérées. Parmi les répercussions développementales délétères, les incidences attendues sur les compétences sociocommunicatives du jeune enfant leur apparaissent critiques. Ces témoignages seront discutés à la lumière des récentes recherches concernant les inférences socioaffectives émises par observateurs à partir d’informations faciales incomplètes affichées par des personnes dont le visage est en partie caché (e.g., Ruba & Pollak, 2020; Langbehn et al., 2020). L’accent sera mis en particulier sur l’occultation du sourire. Il s'agit en effet d'un signal qui, dans nos cultures occidentales, est crucial au sein des interactions sociales. L’objectif est de cerner les enjeux du port du masque pour la communication socioaffective non verbale ordinaire.

Résumé du colloque

La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés par une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, la criminologie, l’éthologie, l’informatique et le génie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Pour le milieu professionnel œuvrant en ressources humaines, en santé, en justice et en éducation, entre autres, les connaissances sur la communication non verbale ayant fait l’objet d’évaluations par les pairs représentent une incroyable source de connaissances afin de développer de meilleures pratiques. Malheureusement, leur impact dans la francophonie soulève des questions. En effet, par rapport à l’information scientifique, la diffusion de notions n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs explose. Des articles dans la presse écrite, des séries télévisées telles que Lie to Me et des vidéos sur YouTube vues par des millions de personnes, par exemple, proposent des notions douteuses pour « décoder » le comportement humain. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les notions douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées, mais pendant ce temps les connaissances scientifiques qui pourraient aider les professionnels et le grand public sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie paraît essentielle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

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