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Louise Virole : Université Paris Cité
Les femmes étrangères connaissent de nombreuses discriminations dans l’accès aux soins périnataux en France. Ces discriminations constituent un des facteurs explicatifs des risques périnataux élevés de ce public « à risque ». Si les inégalités de santé périnatales des femmes étrangères ont été appréhendées de longue date en tant qu’enjeu de santé publique - les travaux épidémiologiques les ont identifiées comme « public à risque » depuis les années 1980 et les plans de santé périnatale depuis les années 1990 les ont ciblées en tant que « public prioritaire » -, toutefois ces inégalités sont rarement envisagées en tant qu’enjeu féministe. Or, pouvoir accéder à un suivi de grossesse de qualité, pouvoir accoucher dans de bonnes conditions, pouvoir devenir mère en toute sécurité, sans subir de traitements différentiels ou de discriminations : l’ensemble de ces éléments relève des droits reproductifs des femmes. Au cours de leur grossesse et lors de leur accouchement, les femmes étrangères ont plus de risque que leurs droits reproductifs ne soient pas respectés. Dès lors, il est nécessaire de penser ces inégalités de santé périnatales aussi comme un enjeu féministe d’égalité de toutes face à la reproduction, quelle que soit sa nationalité ou son titre de séjour. Cette communication s’appuie sur une enquête ethnographique menée de 2013 à 2015 à Paris et en Seine-Saint-Denis au sein de structures de soin accueillant des femmes enceintes étrangères.
Ce colloque rassemble des contributions issues des études féministes de la santé. L’espace politique de la santé ne cesse de croître et de déployer ses effets, notamment en ce qui concerne les normes de genre et de sexualité. Les recherches féministes sur cet espace prennent en compte les rapports de pouvoir qui le traversent en s’intéressant à la façon dont les savoirs et les pratiques de santé sont institués et instituent des normes de genre, ainsi qu’à la façon dont l’expérience de soin et les ressources en santé sont façonnées par les rapports sociaux de sexe et d’autres rapports de pouvoir, tels ceux de classe et de race. Ce colloque réunira des contributions qui s’interrogent sur les enjeux féministes des pratiques, des politiques et des savoirs de la santé.
Nous avons invité les contributions à travailler de manière critique la notion de santé et à prendre en compte les processus sociaux, politiques, scientifiques et professionnels qui produisent les définitions et les pratiques de la santé. Pour saisir l’emprise globale de la santé comme champ d’expertise, comme terrain de pratiques et comme valeur culturelle, les travaux peuvent porter sur les soins et l’organisation du travail de santé, y compris la santé publique et la santé mentale, sur les pratiques alternatives de santé, sur les mobilisations, notamment féministes, en lien avec la question de la santé, sur les controverses et les résistances aux institutions de santé, de même que sur la diffusion des discours sur la santé (y compris mentale) en dehors du champ traditionnel de la santé (médias, groupes de femmes, de patient.e.s, etc.). Les communications articulant ces enjeux autour de la période actuelle de pandémie sont également bienvenues. Nous considérerons les contributions de toute discipline, mais attendons des contributions qui usent des sciences sociales comme d’un outil de déconstruction des évidences prétendues naturelles qu’on associe à la notion de santé ainsi qu’à la notion de sexe biologique.
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