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Sam Asselin-Mailloux : Université d'Ottawa
Le Transgender Survey 2015 réalisé aux États-Unis auprès de plus de 27 000 personnes trans* a recensé que 54% des personnes trans* auraient vécu de la violence entre partenaires intimes au cours de leur vie et des études canadiennes démontrent des niveaux similaires de violence, ce qui prouve la nécessité d’avoir des services inclusifs des personnes trans en matière de violence. Cependant, historiquement, les femmes trans* ont été exclues des mouvements féministes et des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale. Un scoping review fut réalisé afin de savoir comment pourrait-on améliorer les services offerts aux femmes trans* en maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale en Ontario français et au Québec. Cette présentation abordera les particularités de l’intersection sexisme-cisgenrisme (ou transphobie) en contexte de violence conjugale. Les discriminations vécues par les femmes trans* avant, pendant et après les processus d’admission dans les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale ont été documentées. Les conclusions démontrent que les femmes trans* sont perçues comme n’étant pas des « vraies » femmes à cause de leur biologie, de leur socialisation, de leurs présumés privilèges masculins et sont même vues comme une menace à la sécurité des femmes cisgenres dans certains milieux féministes (Baril, 2014; 2015). Ces arguments seront déconstruits à l’aide des théories et des propos de théoricien.ne.s trans*.
Les violences faites aux femmes, particulièrement la violence sexuelle et la violence conjugale, ciblent un grand nombre de victimes tout en demeurant parmi les crimes les moins rapportés à la police (Benoit et al., 2015; Sinha, 2013). Plusieurs mouvements de dénonciation et campagnes de sensibilisation ont voulu mettre en lumière les barrières auxquelles sont confrontées les femmes survivantes de violences qui souhaitent faire une dénonciation (p. ex., le mouvement #MeToo, 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, etc.). Ces prises de parole publiques ont gagné en visibilité dans les dernières années. Elles ont facilité une conversation collective autour de ces enjeux sociaux d’importance. Néanmoins, il reste beaucoup à faire pour mieux répondre aux besoins des femmes survivantes de violences, particulièrement celles vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression. Bien qu’ils soient embryonnaires, plusieurs écrits scientifiques avancent que les femmes vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression sont surreprésentées parmi les survivantes de violences au Canada, notamment les femmes autochtones, les femmes en situation de handicap, les femmes immigrantes et réfugiées, les femmes issues des communautés LGBTQ2S ou encore celles évoluant en contexte francophone minoritaire (Benoit et al., 2015). Au Québec, le mouvement féministe cherche à s’actualiser afin de prendre davantage en compte, tant dans la pratique que dans la recherche, les différences existant entre les femmes comme groupe social (Corbeil et al., 2018; Lopez, 2017; Pagé et Pires, 2015; Corbeil et Marchand, 2006). Enfin, plusieurs femmes sont dans l’impossibilité de prendre part à des campagnes de sensibilisation et des mouvements de dénonciation ou ne se sentent pas concernées par celles-ci pour diverses raisons qui doivent être davantage documentées. Ainsi, ces éléments revêtent des implications cruciales pour le travail social et les études féministes étant donné leurs liens étroits avec la prévention, la recherche, l’accompagnement et l’intervention auprès des femmes survivantes de violences.
Ce colloque est organisé conjointement par le Collectif de recherche féministe anti-violence (FemAnVi) de l’Université d’Ottawa et le Réseau québécois en études féministes (RéQEF).
Titre du colloque :