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Brigitte Caselles-Desjardins : Université de Sherbrooke
Le domaine de la formation générale des adultes (FGA) et plus particulièrement celui de l’alphabétisation est soumis à des enjeux pluriels, notamment pédagogiques, socioprofessionnels, socioéducatifs (Desmarais, 2003). La mise en place par le Gouvernement du Québec du renouveau pédagogique (2001) découlant de la nécessité d’adapter l’école québécoise à la réalité du XXIe siècle demande au personnel enseignant des changements importants dans leurs pratiques pédagogiques et didactiques, créant une tension dans un espace professionnel où les formateurs doivent relever des défis constants dans l’exercice de leur profession (St-Laurent, 2007).
Dans le cadre de cette communication, nous nous intéresserons aux perceptions de formateurs d’adultes à propos de leurs pratiques professionnelles en alphabétisation. Face à l’émergence de nouvelles pratiques et approches afin de répondre aux divers contextes spécifiques d’alphabétisation et aux particularités des apprenants (Lemaître, 2009), celles-ci ont été considérées sous deux angles: 1) comme fondements des pratiques d’enseignement et 2) comme révélateur d’une conception du métier de formateur d’adultes. En nous référant aux résultats de notre étude effectuée dans cinq centres de services auprès de sept formatrices d’adultes par le bais d’entrevues semi-dirigées (Ketele et Roegiers, 1996), nous présenterons les pratiques identifiées et quelques pistes de réflexion en ce qui concerne les conceptions du métier de formateur d’adultes.
La pratique enseignante du secteur de la formation générale des adultes (FGA) s’effectue au sein d’une infrastructure andragogique soutenue par divers mécanismes, modalités et instruments visant un accompagnement éducatif adapté aux situations individuelles des apprenants adultes. Mentionnons, entre autres, l’enseignement modulaire individualisé, l’entrée continue en formation, les prétests utiles à l’entraînement à l’examen (Mercier, 2020) et les classes multiniveaux. Quelques études ont relevé les limites de certains aspects inhérents à l’infrastructure andragogique, laquelle conditionne l’enseignement auprès des adultes (Potvin et Leclercq, 2014; Rousseau et coll., 2010; Villemagne et coll., 2016). D’autres études en ont montré les bienfaits pour stimuler l’apprentissage (Rousseau et coll., 2010; Marcotte et coll., 2010). Or, les études traitant spécifiquement de l’acte d’enseigner (Lethiecq, 2014) et de l’évaluation à la FGA (Nizet, 2016) demeurent très rares. Pourtant, il y a un intérêt à mieux saisir comment les pratiques d’enseignement et d’évaluation s’effectuent dans le contexte de la FGA (Solar et Thériault, 2013; Ouellet et coll., 2017) et à comprendre comment le personnel enseignant compose avec diverses composantes de l’infrastructure andragogique.
Ce colloque s’intéresse à l’acte d’enseigner et d’évaluer à la FGA en enseignement modulaire individualisé ou en enseignement de groupe. Il traite des pratiques éducatives mobilisées, des modalités privilégiées et des instruments utilisés par le personnel enseignant pour aider à l’apprentissage des adultes. Les conférenciers et conférencières abordent les questions suivantes : comment s’opèrent l’enseignement et l’évaluation? Quels postures ou repères orientent les choix dans la pratique? Comment les enseignants composent-ils avec les modalités et l’instrumentation offertes? Quels sont les apports et les limites des cadres théoriques pour saisir la pratique enseignante dans le contexte de la FGA?
Titre du colloque :