Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Isabelle Létourneau : Université de Sherbrooke
La communication proposée offre une contribution originale au champ d’étude de la conciliation travail-vie personnelle (CTVP) en l'abordant sous l'angle des professionnels en ressources humaines (PRH). Chercheurs (Kelly & Moen, 2007; McCarthy et al., 2013) et praticiens (Clutterbuck, 2003; Lockwood, 2007) reconnaissent de plus en plus l’importance des PRH dans la dynamique de la CTVP. Ceux-ci sont considérés comme des portiers (Milliken et al., 1998) et des pivots (Goudswaard et al., 2013) de la CTVP, en raison notamment de leur contrôle sur les informations et leviers RH organisationnels. À notre connaissance, aucune étude n’a toutefois spécifiquement porté sur l’apport des PRH à la CTVP. En s’appuyant sur le modèle d’Ulrich et Brockbank (2005) sur les rôles des PRH ainsi que sur une revue de littérature sur les compétences et pratiques des PRH, la communication montre comment les PRH peuvent être des leaders, des partenaires stratégiques, des experts fonctionnels, des développeurs de capital humain et des représentants des employés en matière de CTVP. Les ressources et les contraintes (extra-organisationnelles, organisationnelles, individuelles, etc.) liées à la mise en œuvre des pratiques des PRH sont également présentées. Les similitudes et les différences entre les PRH en organisation et ceux en pratique privée sont prises en considération. Cette communication permet d’établir un premier cadre de référence concernant l’apport des PRH à la CTVP.
Conjuguer santé et travail n’a jamais été aussi difficile. Les constants changements socioéconomiques, technologiques et organisationnels favorisent une intensification du travail et une amplification des attentes de performance et de productivité. Ces pressions ont un coût substantiel : une enquête du Conference Board of Canada (2017) rapporte que le stress au travail coûte au pays près de 50 milliards de dollars, dont 32,3 milliards sont liés à la dépression et 17,3 milliards sont liés à l’anxiété. La dépression est d’ailleurs reconnue par l’Organisation internationale du travail (2018) comme la première cause d’invalidité dans le monde.
En parallèle, les besoins de la population active en matière de santé et de qualité de vie au travail s’accroissent. La conciliation entre les attentes des organisations et les besoins des individus passe par le développement des connaissances en santé organisationnelle. Ce champ d’études est ancré dans une tradition multidisciplinaire (management, santé et sécurité du travail, relations industrielles, psychologie, ergonomie, santé publique, etc.) sous-tendant des enjeux multicausaux complexes (Dagenais-Desmarais et coll., 2013). L’effervescence actuelle des publications en santé organisationnelle peut s’expliquer par le fait qu’elle englobe plusieurs enjeux fondamentaux liés à la productivité des organisations, et cela, dans le respect des personnes qui y travaillent.
Malgré les avancées scientifiques et le développement de pratiques exemplaires dans le domaine, force est de constater que nous avons encore du chemin à parcourir pour que les organisations saines deviennent la norme dans notre société. Ce colloque a comme objectif de faire le point sur les derniers travaux en santé organisationnelle et de se concerter entre chercheurs, étudiants, décideurs et utilisateurs afin de valoriser le transfert de nos connaissances vers les milieux de travail.
Titre du colloque :
Thème du colloque :