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Vincent Mousseau : Université de Montréal
Pour plusieurs, développer le potentiel de la criminalistique passe d’abord par une amélioration des capacités d’analyses, qu’elles soient chimiques, physiques ou biologiques. Bien qu’il soit vrai que la mise à profit de nouveaux outils technologiques ait grandement augmenté le spectre de traces matérielles duquel les scientifiques criminalistes et techniciens en identité judiciaire peuvent espérer obtenir des informations utiles au processus judiciaire, une telle vision réduit l’interprétation de la valeur des traces matérielles a un enjeu de second plan. Pourtant, reconstruire un passé singulier et inobservé à partir de traces incomplètes et imparfaites est une activité qui amène son lot d’incertitudes et qui, dès lors, nécessite une attention toute particulière. Si une trace matérielle est prélevée, analysée et présentée comme preuve devant les tribunaux, c’est bien parce que des individus lui ont attribué un potentiel informatif. La trace matérielle n’ayant en soi aucune valeur intrinsèque, il apparaît en ce sens essentiel de comprendre comment les acteurs judiciaires lui attribuent une signification. Cette présentation propose ainsi une réflexion sur les raisonnements sous-jacents à l’interprétation des traces matérielles dans le contexte judiciaire et sur l’importance d’étudier la dimension humaine et sociale du déploiement des efforts forensiques.
La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés par une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, la criminologie, l’éthologie, l’informatique et le génie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Pour le milieu professionnel œuvrant en ressources humaines, en santé, en justice et en éducation, entre autres, les connaissances sur la communication non verbale ayant fait l’objet d’évaluations par les pairs représentent une incroyable source de connaissances afin de développer de meilleures pratiques. Malheureusement, leur impact dans la francophonie soulève des questions. En effet, par rapport à l’information scientifique, la diffusion de notions n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs explose. Des articles dans la presse écrite, des séries télévisées telles que Lie to Me et des vidéos sur YouTube vues par des millions de personnes, par exemple, proposent des notions douteuses pour « décoder » le comportement humain. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les notions douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées, mais pendant ce temps les connaissances scientifiques qui pourraient aider les professionnels et le grand public sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie paraît essentielle.
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