Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Laure Turcati : UQAM - Université du Québec à Montréal
Lichen Go est un programme de science participative visant à mesurer la qualité de l’air par le suivi des lichens en milieu urbain. À son lancement en 2016, des expérimentations ont été mis en œuvre pour faciliter l’implication des citadin-es à toutes les étapes de construction de la connaissance. La qualité de l’air et la nature en ville ont été choisi comme les deux thématiques les plus susceptibles de susciter l’intérêt et l’implication. En parallèle, l’équipe porteuse du projet a été sollicitée par un enseignant qui anime, en région Nord-Pas-de-Calais, un réseau d’observations des lichens par des lycéen-nes et leurs enseignants et proposait son extension à l’échelle nationale. Les lichens étant des bio-indicateurs de la qualité de l’air, la mise en place d’un tel observatoire permettait de faire le lien entre la qualité de l’air et la nature en ville. Nous présentons la méthode utilisée pour la co-construction du protocole de collecte de données. Nous discutons des échanges et tensions entre citadin-es, lichenologues et l’équipe de PartiCitaE qui ont abouti au protocole actuel, et de l’étude sociologique qui a accompagné cette co-construction. Enfin, nous discutons des conséquences de la co-construction sur le projet. En effet, il semble qu’une grande liberté soit possible pour les personnes souhaitant s’impliquer au-delà de la classique collecte de données, dans la production de nouveaux outils ou même dans la gouvernance du projet.
Le monitoring des dégradations de l’environnement dans nos sociétés connaît un tournant depuis une trentaine d’années avec la montée d’une expertise citoyenne. Dans le domaine de l’hydrologie, de la pollution de l’air ou encore de l’érosion de la biodiversité, on constate la réunion de conditions, sociales et techniques, pour que des citoyens s’engagent dans l’action militante par la collecte de données et le suivi cognitif de l’évolution de leur environnement.
Au congrès de l’Acfas 2017, un colloque sur les sciences à l’ère numérique avait réuni des travaux sur la question des sciences participatives dans le contexte de connaissance de la biodiversité. En avril 2018 à Paris, un autre colloque intitulé « Capteurs et sciences participatives » traitait plus particulièrement de la mesure citoyenne des pollutions. Le présent colloque vise, sous le terme générique de « monitoring citoyen », à développer les enjeux sociopolitiques et épistémiques communs à ces nouvelles formes d’implication populaire dans l’observation de la nature et dans le suivi des pollutions. Quels sont les effets de la participation élargie sur l’expertise? La pratique citoyenne répond-elle aux promesses de transparence et d’empowerment définies dans le cadre de la « société de la connaissance »?
Sous-thèmes :
Titre du colloque :
Thème du colloque :