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Diane Boër : Université de Genève
Selon Tambone (2014), le système didactique principal est associé à la classe régulière d’origine de l’élève, où les objets et les prescriptions du programme sur l’enseignement de l’oral correspondent aux attentes de la société, tandis que le système didactique auxiliaire est constitué par un regroupement d’adaptation qui n’a pas de programme d’étude propre et dont les objectifs correspondent davantage aux besoins des élèves en difficulté. Néanmoins, puisque les élèves passent d’un système à l’autre, une ingénierie didactique collaborative (Sénéchal, 2017) semble nécessaire entre les enseignants des deux systèmes. Comment permettre la circulation des objets d’enseignement entre eux ?
Dans une perspective théorique interactionniste (Dolz et Schneuwly, 2016), l’analyse (par la transcription et le synopsis des pratiques, Schneuwly et Dolz, 2009) et la comparaison du travail réalisé par les enseignants — du premier et du deuxième cycle de l’école primaire — du système didactique principal et auxiliaire permettra d’observer la circulation des objets d’enseignement de l’oral et les formes sociales de collaboration, en suivant des élèves alloglottes d’un système à l’autre. Les résultats montrent l’intérêt de disposer d’outils de collaboration axés sur les genres oraux enseignés pour permettre cette circulation entre les deux systèmes. Nous présenterons l’évolution des formes de collaboration, tout en soulignant les atouts et les limites du dispositif élaboré.
Au cours des deux dernières décennies, la didactique de l’oral a été le théâtre d’une multiplication de travaux sur les pratiques d’enseignement de l’oral et sur les dispositifs permettant de soutenir ces dernières, mais son évaluation demeure peu explorée et pose encore, à ce jour, des questions fondamentales : quels contextes, quels outils, quelles pratiques, etc.? En outre, de nombreux éléments rendent cette évaluation difficile, voire périlleuse : la multimodalité de l’oral, le rapport à l’objet des enseignants fréquemment calqué sur celui de l’écrit (reproduction des modes d’évaluation de l’écriture à l’oral), la transversalité de l’oral, le recours à du matériel d’enregistrement, le caractère chronophage des modalités d’évaluation de l’oral, etc. Force est de constater que plusieurs zones d’ombre persistent relativement à l’évaluation de l’oral, tant dans la recherche que dans la pratique, et la nécessité de se pencher sur cette problématique se fait de plus en plus sentir, notamment avec les besoins de formation exprimés par les praticiens.
Cette année, les participants au colloque sont invités à se pencher sur la question de l’évaluation de l’oral, et ce, dans différents contextes, ainsi que sur la question de son enseignement. L’événement permet d’aborder l’enseignement et l’évaluation de l’oral sous ses différents angles aux différents niveaux d’enseignement avec les principaux acteurs concernés et, surtout, d’envisager des pistes innovantes à explorer. La compréhension des enjeux de l’enseignement et de l’évaluation du français est en constante évolution, et le besoin chez les formateurs et chez les chercheurs de poursuivre les travaux dans ce domaine demeure une nécessité. Le colloque permet donc une réflexion commune des chercheurs qui s’intéressent au sujet.
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