Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Martine D'amours : Université Laval
Cette communication a pour objectif de situer le travail des enseignant.e.s et chercheur.e.s contractuel.le.s universitaires dans le cadre plus vaste des mutations du travail. Ces mutations prennent plusieurs formes, depuis le développement de formes salariées atypiques jusqu’aux relations de travail tripartites, en passant par l’expansion du travail indépendant. Longtemps limitée à des segments particuliers de la main-d’œuvre, l’atypie en emploi transcende aujourd’hui les frontières sociodémographiques et professionnelles. Au delà de l’insécurité financière et des disparités de traitement, le problème posé par le développement de ces configurations d’emploi réside dans le décalage entre les formes de mise à disposition du travail et les institutions censées protéger les travailleurs et travailleuses, notamment les lois du travail, les régimes de protection sociale et l’accès à la négociation collective des conditions de travail et d’emploi. Cette communication abordera en conclusion divers modèles permettant d’étendre aux travailleurs et travailleuses atypiques et mobiles les acquis de la citoyenneté industrielle.
Avant même l’arrivée de la pandémie, le rapport du scientifique en chef sur l’Université québécoise du futur (automne 2020) faisait un certain nombre de constats sur les enjeux liés à l’importance grandissante du numérique et à l’attraction et la rétention de nouvelles générations d’étudiant.e.s. Les aménagements mis en place pour assurer l’offre des cours pendant la pandémie ont cristallisé ces enjeux et entraîneront des transformations à long terme pour les universités, transformations dont on ne connaît pas encore la teneur, mais qui auront un impact certain sur le travail des enseignant.e.s contractuel.le.s au sein de celles-ci.
Une tendance structurelle majeure demeure toutefois invisible, celle de la recomposition progressive du corps enseignant universitaire, dont une partie importante est constituée d’enseignant.e.s contractuel.le.s. Cette tendance est bien établie dans les universités canadiennes (ACPPU, 2014; Foster et Birdsell Bauer, 2018; Hoeller, 2014) et au-delà, aussi bien sur le continent nord-américain qu’ailleurs dans le monde. Au Québec, selon les données institutionnelles, c’est plus de la moitié des cours du 1er cycle qui sont aujourd’hui donnés par des enseignant.e.s contractuel.le.s.
Mettant à l’avant-plan l’enseignement comme mission fondamentale des universités, les changements engendrés par la pandémie ouvriront-ils la voie à une reconnaissance de la contribution de ces enseignant.e.s, ou, au contraire, consolideront-ils leur précarité structurelle et fragiliseront-ils leur voix et leurs « droits », comme le signalent les débats récents autour des libertés universitaires?
À cet égard, il paraît pertinent d’appliquer les concepts issus des théories subalternes au contexte de l’enseignement universitaire. Mettant en exergue les stratégies d’adaptation et de résistance des groupes subalternes, ces concepts peuvent s’avérer féconds pour appréhender et comprendre les reconfigurations en cours des structures universitaires. S’inspirant des théories subalternes, notre approche mettra l’accent sur la mobilisation des enseignant.e.s contractuel.le.s autour d’une culture infrapolitique afin de se tailler une place dans l’université néolibérale.
Titre du colloque :
Thème du colloque :