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Ksenia Burobina : Université de Montréal
Cette communication est issue du projet de recherche partenariale mené par Trajetvi et l’R des centres de femmes du Québec sur le travail des centres de femmes de l’R en matière de violences faites aux les femmes. La présentation est basée sur les résultats qualitatifs de ce projet s’appuyant sur le témoignage des femmes et des travailleuses qui ont pris part à des groupes de discussions, ainsi que sur des réflexions méthodologiques au sujet des enjeux d’inclusivité et d’accès à la parole soulevées dans le cadre de cette recherche. À partir des témoignages recueillis se dégagent quelques barrières et facilitateurs à la prise de parole nommés par les participantes, qu’il s’agisse de la participation à la recherche, des interactions avec les services ou dans l’espace public, incluant des barrières particulières, par exemple, pour les femmes vivant avec un handicap ou une maladie chronique soulevant les questions suivantes : Que faut-il pour améliorer l’accès à la participation et à la prise de parole ? Quelles sont les contraintes - à la fois pour les chercheur.e.s, les partenaires et les participantes, et les solutions qui existent, qui sont possibles ou qu’on peut envisager, les problématiques et les pistes à explorer pour faciliter la prise de parole tant dans la recherche que dans la vie civile et militante?
Les violences faites aux femmes, particulièrement la violence sexuelle et la violence conjugale, ciblent un grand nombre de victimes tout en demeurant parmi les crimes les moins rapportés à la police (Benoit et al., 2015; Sinha, 2013). Plusieurs mouvements de dénonciation et campagnes de sensibilisation ont voulu mettre en lumière les barrières auxquelles sont confrontées les femmes survivantes de violences qui souhaitent faire une dénonciation (p. ex., le mouvement #MeToo, 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, etc.). Ces prises de parole publiques ont gagné en visibilité dans les dernières années. Elles ont facilité une conversation collective autour de ces enjeux sociaux d’importance. Néanmoins, il reste beaucoup à faire pour mieux répondre aux besoins des femmes survivantes de violences, particulièrement celles vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression. Bien qu’ils soient embryonnaires, plusieurs écrits scientifiques avancent que les femmes vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression sont surreprésentées parmi les survivantes de violences au Canada, notamment les femmes autochtones, les femmes en situation de handicap, les femmes immigrantes et réfugiées, les femmes issues des communautés LGBTQ2S ou encore celles évoluant en contexte francophone minoritaire (Benoit et al., 2015). Au Québec, le mouvement féministe cherche à s’actualiser afin de prendre davantage en compte, tant dans la pratique que dans la recherche, les différences existant entre les femmes comme groupe social (Corbeil et al., 2018; Lopez, 2017; Pagé et Pires, 2015; Corbeil et Marchand, 2006). Enfin, plusieurs femmes sont dans l’impossibilité de prendre part à des campagnes de sensibilisation et des mouvements de dénonciation ou ne se sentent pas concernées par celles-ci pour diverses raisons qui doivent être davantage documentées. Ainsi, ces éléments revêtent des implications cruciales pour le travail social et les études féministes étant donné leurs liens étroits avec la prévention, la recherche, l’accompagnement et l’intervention auprès des femmes survivantes de violences.
Ce colloque est organisé conjointement par le Collectif de recherche féministe anti-violence (FemAnVi) de l’Université d’Ottawa et le Réseau québécois en études féministes (RéQEF).
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