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Isabelle Rivest : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Depuis plus de 20 ans, les chercheurs en éducation au Québec et ailleurs dans la francophonie ont fait éclater au grand jour certains malaises liés à l’enseignement de l’oral (Mottet et Gervais, 2007 ; Lafontaine et Messier, 2009, Dumais, 2014 ; Nonnon, 2016). Toutefois, force est de constater la quasi-absence de recherches autour de la dimension vocale de l’oral (Gaussel, 2017). Or, la diction, la variation du débit, l’utilisation des pauses et des silences, l’adaptation du volume à l’espace et le langage du corps caractérisent l’oral par-delà les aspects proprement linguistiques (Destrez et Duclos, 2019 ; Gagnon et Dolz, 2016 ; Parent, 2018). Ils définissent également la compétence à communiquer oralement du PFEQ (MEQ, 2004). En effet, au chapitre de l’évaluation de la compétence, par exemple, il est mentionné que l’enseignant de français au secondaire « doit juger de la pertinence du choix des ressources verbales, paraverbales, non verbales et culturelles de l’élève en situation de prise de parole ». Sur le terrain, lorsqu’on interroge les enseignants du secondaire en matière d’enseignement-évaluation de la dimension vocale de l’oral, quelles pratiques disent-ils actualiser en classe? C’est ce que nous avons voulu connaître chez les enseignants de français de premier cycle des écoles secondaires de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec. Notre proposition présentera certains résultats préliminaires à partir d’une approche qualitative à caractère interprétatif.
Au cours des deux dernières décennies, la didactique de l’oral a été le théâtre d’une multiplication de travaux sur les pratiques d’enseignement de l’oral et sur les dispositifs permettant de soutenir ces dernières, mais son évaluation demeure peu explorée et pose encore, à ce jour, des questions fondamentales : quels contextes, quels outils, quelles pratiques, etc.? En outre, de nombreux éléments rendent cette évaluation difficile, voire périlleuse : la multimodalité de l’oral, le rapport à l’objet des enseignants fréquemment calqué sur celui de l’écrit (reproduction des modes d’évaluation de l’écriture à l’oral), la transversalité de l’oral, le recours à du matériel d’enregistrement, le caractère chronophage des modalités d’évaluation de l’oral, etc. Force est de constater que plusieurs zones d’ombre persistent relativement à l’évaluation de l’oral, tant dans la recherche que dans la pratique, et la nécessité de se pencher sur cette problématique se fait de plus en plus sentir, notamment avec les besoins de formation exprimés par les praticiens.
Cette année, les participants au colloque sont invités à se pencher sur la question de l’évaluation de l’oral, et ce, dans différents contextes, ainsi que sur la question de son enseignement. L’événement permet d’aborder l’enseignement et l’évaluation de l’oral sous ses différents angles aux différents niveaux d’enseignement avec les principaux acteurs concernés et, surtout, d’envisager des pistes innovantes à explorer. La compréhension des enjeux de l’enseignement et de l’évaluation du français est en constante évolution, et le besoin chez les formateurs et chez les chercheurs de poursuivre les travaux dans ce domaine demeure une nécessité. Le colloque permet donc une réflexion commune des chercheurs qui s’intéressent au sujet.
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