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Précarisation de l’enseignement universitaire : un portrait alarmant des tendances à travers le Canada

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Mathieu Vick : Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec)

Résumé de la communication

Dans les universités canadiennes, la précarité s’installe de plus en plus au sein du personnel enseignant. Puisque les sondages de Statistiques Canada s’intéressent principalement au personnel enseignant permanent, il existe très peu de statistiques qui permettent de quantifier ce phénomène ou de décrire sa distribution selon la région, le domaine, etc. Par ailleurs, l’absence de données fait en sorte que le débat sur la précarité se base surtout sur des anecdotes, ce qui permet aux universités, et aux consultant.e.s qu’elles embauchent, de déclarer que les effets de cette tendance sont exagérés. À partir de données recueillies par l’entremise de demandes d’accès à l’information envoyées à 78 universités canadiennes, nous montrons, entre autres, que plus de la moitié de toutes les nominations d’enseignant.e.s au Canada le sont pour des emplois contractuels, majoritairement à temps-partiel. En identifiant les tendances et les facteurs qui favorisent la précarité, cette étude offre des pistes de solution pour celles et ceux qui cherchent à renverser la vapeur et à instaurer des mesures de protection pour le personnel enseignant universitaire.

Résumé du colloque

Avant même l’arrivée de la pandémie, le rapport du scientifique en chef sur l’Université québécoise du futur (automne 2020) faisait un certain nombre de constats sur les enjeux liés à l’importance grandissante du numérique et à l’attraction et la rétention de nouvelles générations d’étudiant.e.s. Les aménagements mis en place pour assurer l’offre des cours pendant la pandémie ont cristallisé ces enjeux et entraîneront des transformations à long terme pour les universités, transformations dont on ne connaît pas encore la teneur, mais qui auront un impact certain sur le travail des enseignant.e.s contractuel.le.s au sein de celles-ci.

Une tendance structurelle majeure demeure toutefois invisible, celle de la recomposition progressive du corps enseignant universitaire, dont une partie importante est constituée d’enseignant.e.s contractuel.le.s. Cette tendance est bien établie dans les universités canadiennes (ACPPU, 2014; Foster et Birdsell Bauer, 2018; Hoeller, 2014) et au-delà, aussi bien sur le continent nord-américain qu’ailleurs dans le monde. Au Québec, selon les données institutionnelles, c’est plus de la moitié des cours du 1er cycle qui sont aujourd’hui donnés par des enseignant.e.s contractuel.le.s.

Mettant à l’avant-plan l’enseignement comme mission fondamentale des universités, les changements engendrés par la pandémie ouvriront-ils la voie à une reconnaissance de la contribution de ces enseignant.e.s, ou, au contraire, consolideront-ils leur précarité structurelle et fragiliseront-ils leur voix et leurs « droits », comme le signalent les débats récents autour des libertés universitaires?

À cet égard, il paraît pertinent d’appliquer les concepts issus des théories subalternes au contexte de l’enseignement universitaire. Mettant en exergue les stratégies d’adaptation et de résistance des groupes subalternes, ces concepts peuvent s’avérer féconds pour appréhender et comprendre les reconfigurations en cours des structures universitaires. S’inspirant des théories subalternes, notre approche mettra l’accent sur la mobilisation des enseignant.e.s contractuel.le.s autour d’une culture infrapolitique afin de se tailler une place dans l’université néolibérale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

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