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« Prêtres catholiques homosexuels : des hommes d’un ‘’genre à part’’ »

LB

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Loïc Bizeul : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Je souhaite m’interroger sur les façons dont peuvent s’articuler le fait religieux et le genre dans la construction identitaire de prêtres catholiques homosexuels au Québec. En suivant cette démarche, je propose ainsi de décrire comment les prêtres et les homosexuels ont été construits comme à l’écart de la norme masculine dominante, en concevant la construction identitaire des prêtres et celle des personnes homosexuelles comme relevant d’un même processus.

Si la masculinité ecclésiale correspond à une masculinité « marginale » dans l’ordre hétérosexuel dominant (Tricou, 2015), la masculinité gay correspond, elle, à une masculinité « subalterne » (Connell, 1995), c’est-à-dire comme une masculinité dévalorisée, discréditée, soumise à l’ordre hétérosexuel. Pendant longtemps les prêtres ont été considérés, par l’institution Vaticane et la société dans son ensemble, comme des hommes à part, « d’un genre particulier » (Tricou, 2015). Cette approche se distingue quant à l’objet de recherche, aucune enquête n’ayant été menée à ce jour sur l’homosexualité de prêtres catholiques au Québec. Cette proposition de communication propose de se pencher sur un impensé des études de genre sur cette question.

Je m’appuierai pour cela sur des éléments de problématisations issus de ma recherche de doctorat actuellement en cours de rédaction, intitulée comme suit : « Devenir homosexuel», « Devenir prêtre » au Québec : la « carrière » sacerdotale homosexuelle.

Résumé du colloque

Depuis l’institutionnalisation des études féministes dans les années 1980, l’analyse de genre s’est vue de plus en plus mobilisée tant par les chercheur.e.s universitaires que par les politiques publiques ou les organisations internationales. Le genre comme concept et comme approche est devenu si « à la mode » que l’on pourrait se questionner aujourd’hui sur sa charge heuristique et sa portée critique. En effet, malgré le fait que la notion de genre soit largement utilisée, il existe encore des domaines où le sujet est trop souvent universalisé sans tenir compte des expériences genrées différenciées et inégalitaires. De ce fait, il semble essentiel de se demander comment le genre est problématisé lorsqu’il est mobilisé.

Cette tendance récente à surutiliser, voire à instrumentaliser le genre pourrait porter à croire que la popularisation des approches féministes, ayant acquis une telle visibilité, s’accompagne d’un rééquilibrage durable des inégalités entre hommes et femmes. Or, de nombreux travaux démontrent que ce rapport inégalitaire entre les sexes perdure, que ce soit sur le marché du travail (OIT, 2016), dans la sphère domestique (Pugliese, 2017) ou dans les politiques publiques (Mazur et Jacquot, 2010), etc. La pandémie actuelle de COVID-19 et les transformations dans l’organisation sociale du travail se sont en outre accompagnées d’un durcissement de ces inégalités (Froidevaux-Metterie, 2020).

Dans ce colloque, au regard de cet engouement autour de l’approche genrée, nous nous intéresserons aux « interstices » qui n’ont pas ou qui ont peu fait l’objet d’une analyse tenant réellement compte du genre. Quels sont-ils et comment cette analyse peut-elle faire apparaître des réalités vécues qui étaient jusqu’ici restées dans l’ombre? L’instrumentalisation de cette perspective, parfois d’une manière apolitique et asociologique, ne participerait-elle pas, en retour, à dissimuler les dynamiques genrées constitutives des inégalités entre les hommes et les femmes? Cette instrumentalisation ne détournerait-elle pas le regard de ces enjeux? Autant de questions qui seront abordées à partir de situations concrètes par des chercheur.e.s issu.e.s d’horizons divers des sciences humaines et sociales et des professionnel.es de terrain.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Valentina Gaddi Loïc Bizeul
section icon Date : 3 mai 2021

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