Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Fanta Fane : Université de Sherbrooke
Bien que les travaux québécois en matière de violence conjugale (VC) envers les femmes aînées de communautés ethnoculturelles soient rares, diverses publications à l’échelle internationale posent le problème. Cet exposé vise à répondre à la
question suivante : quels sont les principaux facteurs entravant la demande d’aide en contexte de V.C selon les femmes aînées de communautés ethnoculturelles?
Une recension systématique des écrits des dix dernières années fut réalisée dans 12 banques de données (9 anglophones, 3 francophones) en croisant les thèmes VC, femmes aînées et communautés ethnoculturelles. Nous avons comme résultats que, d’abord, la nécessité de rester avec le conjoint violent en vue de préserver l’unité familiale, puis de veiller à la transmission des valeurs familiales et culturelles sont nommés. Ensuite, des barrières d’ordre structurel se manifestant par une méconnaissance du mode de fonctionnement des structures d’aide, une méfiance à l’égard des services de police (liée à des expériences traumatisantes), une crainte des répercussions liées au statut migratoire (voir le partenaire se faire expulser) etc., existent également. Enfin, des barrières d’ordre économique et social se traduisant par une dépendance vis-à-vis du partenaire et l’isolement social qui lui est intrinsèquement lié sont aussi mentionnées. Cet état des connaissances précède un travail de terrain en sol québécois.
Les violences faites aux femmes, particulièrement la violence sexuelle et la violence conjugale, ciblent un grand nombre de victimes tout en demeurant parmi les crimes les moins rapportés à la police (Benoit et al., 2015; Sinha, 2013). Plusieurs mouvements de dénonciation et campagnes de sensibilisation ont voulu mettre en lumière les barrières auxquelles sont confrontées les femmes survivantes de violences qui souhaitent faire une dénonciation (p. ex., le mouvement #MeToo, 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, etc.). Ces prises de parole publiques ont gagné en visibilité dans les dernières années. Elles ont facilité une conversation collective autour de ces enjeux sociaux d’importance. Néanmoins, il reste beaucoup à faire pour mieux répondre aux besoins des femmes survivantes de violences, particulièrement celles vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression. Bien qu’ils soient embryonnaires, plusieurs écrits scientifiques avancent que les femmes vivant à la croisée de multiples systèmes d’oppression sont surreprésentées parmi les survivantes de violences au Canada, notamment les femmes autochtones, les femmes en situation de handicap, les femmes immigrantes et réfugiées, les femmes issues des communautés LGBTQ2S ou encore celles évoluant en contexte francophone minoritaire (Benoit et al., 2015). Au Québec, le mouvement féministe cherche à s’actualiser afin de prendre davantage en compte, tant dans la pratique que dans la recherche, les différences existant entre les femmes comme groupe social (Corbeil et al., 2018; Lopez, 2017; Pagé et Pires, 2015; Corbeil et Marchand, 2006). Enfin, plusieurs femmes sont dans l’impossibilité de prendre part à des campagnes de sensibilisation et des mouvements de dénonciation ou ne se sentent pas concernées par celles-ci pour diverses raisons qui doivent être davantage documentées. Ainsi, ces éléments revêtent des implications cruciales pour le travail social et les études féministes étant donné leurs liens étroits avec la prévention, la recherche, l’accompagnement et l’intervention auprès des femmes survivantes de violences.
Ce colloque est organisé conjointement par le Collectif de recherche féministe anti-violence (FemAnVi) de l’Université d’Ottawa et le Réseau québécois en études féministes (RéQEF).
Titre du colloque :
Thème du colloque :