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Promesses et limites du phénotypage numérique dans le cadre de la santé mentale

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Rémy Potier : Université Lumière-Lyon-II

Résumé de la communication

Une nouvelle méthode d'observation est actuellement en train d'émerger en psychiatrie, basée sur la collecte de données et le profilage comportemental des utilisateurs de smartphones. Le phénotypage numérique -- l'utilisation d'outils de mesure informatisés pour saisir les caractéristiques de différents troubles psychiatriques -- en est un exemple paradigmatique. Il est nécessaire de contextualiser l'émergence de ces nouvelles méthodes et de s'interroger sur leurs promesses et leurs attentes. Le cadre international de la recherche en santé mentale nous invite à réfléchir sur les questions méthodologiques et à tirer des conclusions de certaines impasses liées à la complexité clinique de ce domaine. A partir de cette contextualisation, la méthode d'investigation relative au phénotypage numérique peut témoigner d’un certain potentiel. Comprendre les enjeux spécifiques engagés dans la santé mentale invite surtout à une réflexion éthique de l’utilisation des smartphones et des destinations des applications designées dans ce champ particulier que ce soit à des fins thérapeutiques ou de recherches. Il convient de repérer ce qui spécifie les potentialités et les limites des méthodes numériques d'intervention en santé mentale. A partir d’une analyse de la littérature internationale certaines prescriptions peuvent être suggérées notamment la recommandation d’adopter une position résolument non-réductionniste afin de mettre la technologie au service de la clinique.

Résumé du colloque

Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?

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Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

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