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Quelle justification de la construction de la diversité dans les administrations publiques fédérales canadiennes par les gestionnaires de l’équité en emploi ?

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Julien Doris : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

La gestion de la diversité des administrations publiques est devenue un impératif incontournable de l’action de l’État. En administration publique elle a beaucoup été travaillée par la bureaucratie représentative (Gagnon et al, 2006).Malgré leur contribution, force est de constater que ces travaux précédents- outre de négliger le rôle individuel des gestionnaires- omettent surtout, d’interroger la définition et l’usage d’outils de gestion de l’équité en emploi (Dobbin, 2009).Via le récit et la documentation des pratiques organisationnelles dans plusieurs contextes, l’étude s’intéressera aux personnes et aux objets de la justification organisationnelle de l’équité en emploi, en s’attachant aux potentiels sources de tensions de cette justification dans plusieurs organisations (Boltanski et Thévenot, 1991).

Résumé du colloque

Boltanski et Thévenot publiaient en 1991 le cadre théorique De la justification : Les économies de la grandeur, traduit en 2006 dans On Justification: Economies of Worth. Ce cadre apporte une perspective originale insistant sur les processus de critique et de justification (Jagd, 2011) lorsqu’une tension est présente. Cette théorie permet l’étude d’entités complexes dont le « fonctionnement obéit à des impératifs qui renvoient à des formes de généralité différentes, leur confrontation occasionnant des tensions et suscitant des compromis plus ou moins précaires » (Boltanski et Thévenot, 1991, p. 21). Ils proposent que les gens, avec le concours des objets, établissent des ordres de grandeur se rapportant à des systèmes de valeurs distinctifs. Ils en relèvent six qu’ils présentent sous forme de mondes : le monde de l’inspiration, de l’opinion, domestique, civique, marchand et industriel. Le monde des projets (Boltanski et Chiapello, 2007) et le monde vert (Lafaye et Thévenot, 1993) s’ajoutent à ceux-ci. Aucune entité complexe ne peut se comprendre grâce à un seul monde, et dans une société différenciée, l’individu se trouve confronté à des situations relevant de mondes distincts. Une critique et une contrainte de justification apparaissent lorsque les mondes se confrontent. Cela mène soit à la domination d’un monde, soit à la formation d’un compromis permettant de suspendre temporairement le différend. Ce cadre théorique est un outil puissant pour analyser et modéliser plusieurs contextes tant sociologiques qu’organisationnels. Des écrits soutiennent le rayonnement de cette théorie, notamment dans le champ du management. À l’aube du 30e anniversaire du cadre de la justification, il est à se demander : quelles sont les retombées passées et futures de cette théorie dans les recherches en management? Concrètement, ce cadre outille les chercheurs à bâtir une compréhension des controverses. Dans le cadre de ce colloque, nous explorerons les controverses étudiées à l’aide du cadre théorique de la justification sous trois angles : 1) les controverses internes aux organisations; 2) les controverses entre les organisations; et 3) les controverses publiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

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