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Nathalie Frigon : UQAM - Université du Québec à Montréal
Au Québec, on s'intéresse de plus en plus à la gestion de l'implantation du numérique (MEES, 2018, 2019; Gravelle, Diakhate, Frigon et Monette, 2019). Néanmoins, peu d'études se sont intéressées au contexte de l'éducation aux adultes. Pourtant, on constate une forte croissance d'une proportion d'apprenants de 16-24 ans présentent des besoins fort variés, étant soit raccrocheurs, analphabètes, réfugiés ou issus de l'immigration récente, vivant des difficultés d'adaptation et d'apprentissage ou présentant une déficience intellectuelle. De surcroît, ces apprenants sont grandement à risque de vivre une fracture numérique (Gradoz, 2014) et un analphabétisme numérique (MEES, 2017). Ce contexte pose donc des enjeux sociaux, organisationnels et pédagogiques pour les acteurs des centres d'éducation des adultes, notamment quant au développement de leur compétence numérique (MEES, 2018). Partant d'une perspective sociocritique du numérique en éducation (Collin et Brotcorne, 2019), cette recherche doctorale vise à faciliter la transformation numérique d'un Centre d'éducation aux adultes selon un modèle systémique de l'organisation apprenante (Kools et Stoll, 2017). Cette transformation locale se veut à la fois inclusive et émancipatrice, en mettant de l'avant une approche de recherche-action appréciative (Cooperrider et Srivastva, 1987), selon une posture activiste transformatrice (Stetsenko, 2016).
La transformation numérique de la société a créé une activité économique mondiale dont la principale richesse tient du capital humain et de sa capacité à produire de nouvelles connaissances et des innovations en tant qu’avantage compétitif pour les organisations (Tezcan, 2014). C’est ainsi que l’éducation est considérée comme une ressource première pour favoriser l’évolution de la société (Beaudoin, Gaudreault-Perron, Laferrière, Hamel et Saint-Pierre, 2014; González-Pérez, 2014; Kampylis, Law et Punie, 2013). Contrairement à l’ère industrielle, fondée sur des moyens de production matériels, le numérique facilite l’accès aux informations et aux connaissances, ainsi que leur diffusion, en tout temps et en tout lieu. Il transforme donc en profondeur l’apprentissage et le rapport au savoir (Dede, 2010; Voogt et Roblin, 2012). En ce sens, la compétence numérique est considérée comme étant une littératie permettant aux apprenants et aux acteurs scolaires de participer activement à la société. À cet égard, on observe une tendance d’ordre mondial visant à adapter les systèmes éducatifs, en vue de développer chez les élèves les compétences qui seront nécessaires à leur adaptation à la société numérique et au monde du travail qui subissent de profondes transformations (Dede, 2010; Fullan, 2009; OCDE, 2015). S’inscrivant dans cet effort, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) du Québec a lancé en 2018 un Plan d’action numérique en éducation et en enseignement supérieur (PAN), poursuivant l’implantation d’une infrastructure numérique et le développement de nouvelles compétences chez les enseignants. Mais qu’en est-il des directions d’établissements d’enseignement? Quelles sont les répercussions de l’implantation du numérique sur leur rôle et leurs fonctions? Quels sont leurs besoins à l’égard de ces attentes? Quelles compétences et stratégies sont à développer ou à mobiliser avec ces changements?
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