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Recherche et création des chargé.e.s de cours : conditions matérielles, identités, reconnaissance et luttes symboliques

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Nicolas Harvey : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Basée sur les données issues d’une enquête récente, cette présentation propose de brosser un portrait de la situation des chargées et chargés de cours œuvrant en recherche et en recherche-création dans les universités québécoises. On y traitera notamment des enjeux matériels liés à ce portrait : sources de financement, autonomie dans la gestion des sommes reçues, accès à des installations, ressources humaines et matérielles et certification éthique. Au-delà de ces conditions matérielles, nous explorerons les parcours biographiques et les ruptures susceptibles d’expliquer la carrière d’une personne chargée de cours. Les interactions avec le milieu, la déclassification, l'évolution de l’identité professionnelle seront abordés en fonction de cheminements multiples et de stratégies individuelles et collectives qui ont pu mener à la coexistence de plusieurs statuts dont celui de personne doctorante, post-doctorante, professionnelle de recherche, professeure associée ou chercheuse indépendante.

Résumé du colloque

Avant même l’arrivée de la pandémie, le rapport du scientifique en chef sur l’Université québécoise du futur (automne 2020) faisait un certain nombre de constats sur les enjeux liés à l’importance grandissante du numérique et à l’attraction et la rétention de nouvelles générations d’étudiant.e.s. Les aménagements mis en place pour assurer l’offre des cours pendant la pandémie ont cristallisé ces enjeux et entraîneront des transformations à long terme pour les universités, transformations dont on ne connaît pas encore la teneur, mais qui auront un impact certain sur le travail des enseignant.e.s contractuel.le.s au sein de celles-ci.

Une tendance structurelle majeure demeure toutefois invisible, celle de la recomposition progressive du corps enseignant universitaire, dont une partie importante est constituée d’enseignant.e.s contractuel.le.s. Cette tendance est bien établie dans les universités canadiennes (ACPPU, 2014; Foster et Birdsell Bauer, 2018; Hoeller, 2014) et au-delà, aussi bien sur le continent nord-américain qu’ailleurs dans le monde. Au Québec, selon les données institutionnelles, c’est plus de la moitié des cours du 1er cycle qui sont aujourd’hui donnés par des enseignant.e.s contractuel.le.s.

Mettant à l’avant-plan l’enseignement comme mission fondamentale des universités, les changements engendrés par la pandémie ouvriront-ils la voie à une reconnaissance de la contribution de ces enseignant.e.s, ou, au contraire, consolideront-ils leur précarité structurelle et fragiliseront-ils leur voix et leurs « droits », comme le signalent les débats récents autour des libertés universitaires?

À cet égard, il paraît pertinent d’appliquer les concepts issus des théories subalternes au contexte de l’enseignement universitaire. Mettant en exergue les stratégies d’adaptation et de résistance des groupes subalternes, ces concepts peuvent s’avérer féconds pour appréhender et comprendre les reconfigurations en cours des structures universitaires. S’inspirant des théories subalternes, notre approche mettra l’accent sur la mobilisation des enseignant.e.s contractuel.le.s autour d’une culture infrapolitique afin de se tailler une place dans l’université néolibérale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Pierre-David Desjardins
section icon Date : 3 mai 2021

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