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Annie-Claude Laurin : Université Laval
Une population vieillissante, la présence massive de femmes sur le marché du travail et une diminution des fonds investis dans le milieu de la santé laissent présager une véritable «crise du care» (Bourgault, 2015). Si la notion de care fait partie intégrante du savoir infirmier et qu’elle est de plein fouet associée à l’identité infirmière, peu de théoriciennes infirmières s’intéressent à l’éthique du care. Issue de la pensée féministe, ayant vu le jour en psychologie morale et par la suite mobilisée dans des domaines variés, l’éthique du care, à titre de courant, d’outil, associée à la théorie critique de la société, permet notamment d’ébranler l’idéologie néolibérale qui dans notre monde contemporain s’est instillée dans toutes les sphères de l’activité humaine. Les réflexions issues de ce courant reconnaissent la vulnérabilité et le besoin de prendre soin en tant que besoin universel. L’éthique du care s’intéresse aux pratiques relationnelles, met en garde contre les dérives idéologiques qui dévalorisent le soin et l’instrumentalise selon des normes managériales de rentabilité. Enfin, l’éthique du care remet en cause la séparation entre morale et politique en privilégiant la voix des exclus, dont celle des infirmières. À partir des écrits phares de ce courant, une courte généalogie de l’éthique du care sera présentée pour ensuite proposer une conceptualisation qui s’arrime à la discipline infirmière contemporaine, en tant qu’outil d’engagement dans la sphère publique.
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