Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Valérie Angenot : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication propose de reconsidérer les tropes de l’ancienne rhétorique et leur fonction dans la création des images, du langage et de l’écriture dans l’Égypte pharaonique. Il ressort de l’étude de la genèse du vocabulaire égyptien que, loin d'être de purs exercices rhétoriques, la synecdoque, la métonymie et la métaphore correspondent aux processus sémio-cognitifs conditionnant, a priori, tout acte de production de sens. Il y a donc un rapprochement notionnel entre les trois grands tropes et la tripartition peircienne définissant les rapports entre objet et représentamen, en tant que fonctions sémiotiques générant du sens au moment de son émergence cognitive et antérieurement à la création d’un type phénoménologique. Ceci permet de redéfinir les caractères fondamentaux des notions d’icône, d’indice et de symbole, en termes de partialité (opération méréologique), contiguïté (liaison prédicative) et fusion (transfert ontologique), plutôt qu’en termes de ressemblance, contiguïté et convention. La “ressemblance” de l’icône est subséquente à la sélection méréologique, tout comme la “convention” qui ancre le transfert de sens d’un objet source à un objet cible dans la formation du symbole. La redéfinition de la trichotomie peircienne à l’aune des caractéristiques tropologiques constitue une avancée théorique qui optimise l’efficacité de mes pratiques pédagogiques en matière d’art et de sémiotique visuelle, et pourrait s’avérer utile dans d’autres domaines.
Ce colloque pluridisciplinaire sur la sémiotique est organisé en collaboration avec l’Université Claude Bernard Lyon 1, l’Université du Québec en Outaouais et DDV International – Tunisie.
L’approche sémiotique se situe aux fondements épistémologiques des savoirs scientifiques et de tout apprentissage humain, puisque le processus de construction et d’interprétation de signes est inhérent à la construction et à l’appropriation de connaissances. Par conséquent, cette approche paraît prometteuse, puisqu’elle permet au formateur d’engager l’apprenant dans une démarche dynamique d’appréhension du monde et, par ce fait même, de développer son autonomie. Notre colloque est articulé autour des enjeux liés à l’utilité et aux usages effectifs de la sémiotique dans divers contextes éducatifs, formels ou non formels, comme ceux de la formation scolaire ou universitaire et de la formation des adultes, notamment celle de l’alphabétisation. Ainsi ce colloque invite des acteurs du monde éducatif, formateurs, chercheurs et administrateurs qui utilisent ou veulent utiliser cette approche, à partager leurs expériences diversifiées, vécues ou envisagées, établissant un dialogue sur leurs avancées théoriques, méthodologiques et empiriques.
Les communications retenues s’inscrivent dans l’un des deux axes suivants, permettant d’organiser les discussions entre formation, recherche et pratique :
Axe 1 : Outils et méthodes permettant de mieux comprendre les processus de coconstruction d’un système de signes amenant l’apprenant à donner du sens à sa démarche d’apprentissage. Il s’agit d’examiner les conditions épistémologiques propices à une recherche conjointe de sens dans une lecture sémiotique de la situation d’apprentissage, afin que celle-ci soit porteuse de nouvelles connaissances ou compétences.
Axe 2 : Outils et méthodes permettant de mieux comprendre l’usage des concepts et outils d’analyse sémiotique. Il s’agit d’examiner la mise en œuvre de la tripartition du signe (indice, icône, symbole) dans une démarche éducative, qu’elle soit didactique, artistique ou de recherche, mettant en jeu des relations entre objets du monde dit réel, sa représentation matérielle et une construction d’idées, de mots au service de la conceptualisation et de la modélisation desdits objets.
Les propositions pour chaque axe s’attachent à dégager dans quelle mesure le développement d’une approche sémiotique, qui force à rendre explicite le processus de construction de connaissances, et plus spécifiquement le rapport au monde, comme un traitement sémiotique, contribue à une formation, à une autonomisation de la pensée ainsi qu’à un nouveau rapport à soi et au monde.
Titre du colloque :
Thème du colloque :