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Typologie du présentéisme : Vers une validation préliminaire

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Caroline Biron : Université Laval

Résumé de la communication

Le présentéisme, ou le fait de travailler malade, est coûteux pour les organisations en raison des pertes de productivité. Pour les individus, le présentéisme est associée à une détérioration de la santé. Par contre, certains suggèrent que le présentéisme pourrait avoir certains bénéfices mais que ceux-ci n’ont pas été explorés. Dans cette étude, le présentéisme est défini comme un comportement visant à atteindre un équilibre entre les exigences de performance et l’état de santé. L’étude vise à valider l’existence de sous-groupes de travailleurs qui indiquent faire du présentéisme, en fonction de leur état de santé et leur niveau de performance au travail. Une analyse de profils latents auprès de 159 travailleurs a révélé quatre profils: 1) Ceux rapportant une bonne santé et une performance élevée, appelés Fonctionnels, et représentant 19% de l'échantillon, 2) ceux qui ont une mauvaise santé et une faible performance (Dysfonctionnels), 3) ceux qui ont des scores moyens sur les deux dimensions (Thérapeutiques) et ceux qui rapportent une performance relativement élevée, mais au détriment de leur santé (Surengagés). Les Thérapeutiques rapportent moins de jours de présentéisme (8 jours durant les 3 derniers mois, vs 14 à 16 jours pour les autres profils). Les Dysfonctionnels sont systématiquement plus exposés à des facteurs de stress. L’existence de sous-groupes parmi les personnes qui travaille lorsqu’ils sont malades a des implications importantes pour l’intervention.

Résumé du colloque

Conjuguer santé et travail n’a jamais été aussi difficile. Les constants changements socioéconomiques, technologiques et organisationnels favorisent une intensification du travail et une amplification des attentes de performance et de productivité. Ces pressions ont un coût substantiel : une enquête du Conference Board of Canada (2017) rapporte que le stress au travail coûte au pays près de 50 milliards de dollars, dont 32,3 milliards sont liés à la dépression et 17,3 milliards sont liés à l’anxiété. La dépression est d’ailleurs reconnue par l’Organisation internationale du travail (2018) comme la première cause d’invalidité dans le monde.

En parallèle, les besoins de la population active en matière de santé et de qualité de vie au travail s’accroissent. La conciliation entre les attentes des organisations et les besoins des individus passe par le développement des connaissances en santé organisationnelle. Ce champ d’études est ancré dans une tradition multidisciplinaire (management, santé et sécurité du travail, relations industrielles, psychologie, ergonomie, santé publique, etc.) sous-tendant des enjeux multicausaux complexes (Dagenais-Desmarais et coll., 2013). L’effervescence actuelle des publications en santé organisationnelle peut s’expliquer par le fait qu’elle englobe plusieurs enjeux fondamentaux liés à la productivité des organisations, et cela, dans le respect des personnes qui y travaillent.

Malgré les avancées scientifiques et le développement de pratiques exemplaires dans le domaine, force est de constater que nous avons encore du chemin à parcourir pour que les organisations saines deviennent la norme dans notre société. Ce colloque a comme objectif de faire le point sur les derniers travaux en santé organisationnelle et de se concerter entre chercheurs, étudiants, décideurs et utilisateurs afin de valoriser le transfert de nos connaissances vers les milieux de travail.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

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