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Abir Ouerhani : Université de Sherbrooke
Depuis environ deux décennies, des savoirs et des pratiques en ingénierie font partie des contenus prescrits dans les curriculums actuels de plusieurs pays de l’OCDE (Honey et al., 2014). Parmi ces pratiques, on retrouve le processus de conception en ingénierie (PCI) qui renvoie aux démarches utilisées en industrie visant la création ou l’optimisation d’un produit ou d’un service. Dans les pratiques en classe au Québec, le PCI apparait sous différentes formes: un contexte d’apprentissage associé au concept de cahier des charges (Bousadra et al., 2018) et comme une compétence disciplinaire à développer en technologie (El Fadil, 2017). Le PCI est associé au développement de la pensée créative chez l’élève ou le design thinking (Fortus et al., 2005). Cependant, bien que très peu nombreuses encore, quelques études pointent des limites sérieuses lors de la mise en œuvre en classe. Lors de la phase du brainstorming, Bousadra et al. (2018) et Reinsfield et al. (2018) montrent que les tâches proposées aux élèves tendent à confondre l’activité de créativité technique contraignante et l’activité de créativité arbitraire, ce qui dénature les apprentissages disciplinaires souhaités.
Dans notre thèse, en recourant à une méthodologie de type ingénierie didactique, nous visons à apporter un éclairage théorique sur les conditions didactiques nécessaires à l’appropriation par l’élève des caractéristiques de la créativité technique nécessaire au PCI.
Au cours des dernières décennies, l’avancement du savoir scientifique et le développement technologique ont influencé profondément les sociétés. Dans ce contexte, une éducation scientifique et technologique de qualité a le potentiel d’influencer la compréhension que peuvent avoir les élèves au regard des enjeux sociétaux actuels (UNESCO, 2016). De plus, une telle éducation peut aussi conduire au développement d’un regard critique dans un contexte où les sources d’informations ne cessent de croître (Baillargeon, 2018). Or, de nombreux enjeux limitent l’atteinte de tels objectifs. Dans l’enseignement préscolaire et primaire, la place des sciences demeure précaire par rapport à d’autres matières (Conseil supérieur de l’éducation, 2013) et les enseignantes et enseignants affichent généralement un faible sentiment d’autoefficacité (d’Alessio, 2018). Au secondaire, on note une diminution marquée de l’intérêt des élèves pour les sciences et les technologies (Potvin et Hasni, 2014) ainsi qu’une tendance à inscrire les enseignements dans des contextes qui ne sont pas toujours très signifiants pour les élèves (Ayotte-Beaudet, Potvin et Riopel, 2019). Ces exemples de problèmes incitent bon nombre d’étudiantes et d’étudiants aux cycles supérieurs à mener des recherches qui s’intéressent à l’éducation scientifique et technologique. En 2010, le Conseil supérieur de l’éducation mettait d’ailleurs en relief l’importance de la contribution intellectuelle et scientifique des recherches menées par ces derniers aux cycles supérieurs.
L’objectif du colloque est de dresser un portrait des problèmes contemporains associés à l’éducation scientifique et technologique du préscolaire au secondaire en s’intéressant aux recherches menées par les étudiantes et les étudiants dans ce domaine. Ce portrait permettra d’apporter des réponses à une question de société qui nous paraît essentielle : comment l’enseignement des sciences et des technologies peut-il contribuer à l’émancipation socioscientifique des élèves du préscolaire au secondaire?
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