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Une lecture de Honneth sur le devenir citoyen

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Charles-Antoine Bachand : Cégep de l'Outaouais

Résumé de la communication

Il y a quelques années, les chercheurs Westheimer et Kahne (2004) proposaient une riche typologie de la citoyenneté et de l’éducation à la citoyenneté. Leur cadre, repris par plusieurs auteurs·trices, propose 3 types de citoyen·ne·s qui permet de poser un regard avisé sur les curricula qui ont comme visée le développement d’habiletés citoyennes. Or, dans ses derniers écrits, Honneth (2015, 2017) concentre justement son analyse sur les conditions de la citoyenneté libre et émancipée. Honneth (2015, 2017), en actualisant l’idée du socialisme ou de la liberté sociale, brosse ainsi un portrait des conditions qui doivent, selon lui, être remplies afin de permettre le devenir citoyen et l’être citoyen alors qu’il s’inscrit résolument au sein d’une communauté ou, plus largement de la société (Honneth reprend le concept de « fraternité »). Cette grille d’analyse paraît tout particulièrement importante pour le pédagogue s’intéressant à l’éducation citoyenne ou à l’éducation à la citoyenneté. En ce sens, il nous paraît d’intérêt d’utiliser les outils développés par Honneth dans ses derniers travaux pour poser un regard critique sur la citoyenneté telle qu’elle est comprise dans les curricula de formation actuels ou même sur la typologie développée par Westheimer et Kahne. Cette communication cherchera ainsi à poser un regard honnethien et donc critique sur certaines thèses liées à l’éducation citoyenne présente au Québec et ailleurs.

Résumé du colloque

Un survol des 240 000 textes recensés sur le Web contenant le syntagme « crise de la citoyenneté » laisse entendre l’existence d’une crise des identités territoriales, républicaines et nationales, de représentation, des institutions publiques et du politique qui aliénerait au lieu de rassembler. Les jeunes et leur apathie ou cynisme politique supposé (en raison d’une faible adhésion aux structures politiques traditionnelles) seraient parmi les premiers responsables. Leur formation citoyenne serait déficitaire, ce qui se traduit dans le discours public par un appel « aux autorités publiques pour contrôler une jeunesse qui causerait des problèmes et serait menaçante » (Demers et coll., 2017). Considérant que « le registre de la citoyenneté constitue un des systèmes de représentation des problèmes et des solutions construits par les différents acteurs pour intervenir auprès des enfants, des adolescents et des jeunes » (Becquet, 2018, p. 15), on peut se demander quelle citoyenneté est proposée aux jeunes. Et de fait, quels normes et comportements supposément citoyens leur feraient défaut?

Alors que les programmes d’éducation à la citoyenneté définissent celle-ci par des injonctions consistant à s’identifier comme membre moralement engagé envers sa communauté, à connaître le cadre juridico-légal de sa citoyenneté et à participer aux institutions publiques au sein de ce cadre (Demers et coll., 2017), les réponses des jeunes aux enquêtes portant sur leurs conceptions de la citoyenneté (Lane et Barnett, 2011; Shulz et coll., 2009) placent ces injonctions en rupture avec les représentations qu’ils en ont et les pratiques qu’ils y accolent. D’autres recherches font état d’une mutation dans leur conception de la citoyenneté, des rapports aux institutions publiques et des pratiques citoyennes (Robert-Mazaye et coll., 2016). Dans ces conditions, comment les jeunes arrivent-ils à ces définitions, et par quelles expériences? Quelles actions y associent-ils?

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Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

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