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Francois-Michel Boisvert : Université de Sherbrooke
L’ubiquitination est une modification post-traductionnelle qui se traduit par l’ajout d’une ou plusieurs molécule(s) d’ubiquitine (Ub), ce qui permet de réguler la dégradation, les interactions protéines ou encore la localisation de la protéine ciblée. L’ubiquitine est produite à partir de 4 différents gènes qui possèdent tous la même séquence en acide aminé. Nous avons identifié un nouveau gène qui code pour une isoforme de l’ubiquitine qui possède 4 acides aminés différents (Q2K, K33E, Q49K et N60S), que nous avons ainsi nommé UbKEKS. Ces quatre mutations sont importantes puisque nous avons démontré que UbKEKS, contrairement à l’Ub, n’adresse pas les protéines à la dégradation protéasomale. Ces résultats suggèrent donc un rôle différent pour UbKEKS
PCNA (Proliferating Cell Nuclear Antigen) est une protéine impliquée dans la réplication, mais aussi dans plusieurs mécanismes de réparation de l’ADN. Le choix du mécanisme de réparation utilisé par la cellule va être strictement dépendant du type d’ubiquitination sur PCNA. Nous avons identifié PCNA comme une cible d’UbKEKS, et l’utilisation de mutants nous a permis de déterminer les lysines qui sont modifiées par UbKEKS. De plus, les lignées cellulaires invalidées pour UbKEKS présentent un retard de croissance comparativement aux cellules contrôles. Tous ces résultats nous indiquent qu’UbKEKS joue un rôle dans la régulation des mécanismes de réplication de l’ADN par la modification de PCNA.
Le cancer constitue la 1re cause de décès au Canada. La grande diversité à l’intérieur même des « types » de cancer est un obstacle au développement de thérapies efficaces. Malgré cette hétérogénéité, les cancers partagent des caractéristiques qui sous-tendent la malignité des tumeurs. Deux traits prévalents du cancer sont l’instabilité génomique et la reprogrammation transcriptionnelle.
Des mécanismes cellulaires complexes détectent et réparent les lésions dans l’ADN et préservent l’intégrité du génome. Il est bien établi que les cellules tumorales, malgré leur capacité de prolifération accrue, sont caractérisées par une instabilité génomique. Celle-ci résulte de défectuosités dans la signalisation et la réparation des dommages à l’ADN. Paradoxalement, l’instabilité génomique constitue un point faible des tumeurs exploité cliniquement par des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Une compréhension moléculaire du maintien de la stabilité du génome est cruciale pour proposer de nouvelles pistes thérapeutiques centrées sur la modulation de la réponse aux dommages à l’ADN.
D’autre part, la réplication et la réparation de l’ADN ainsi que le contrôle de l’expression des gènes nécessitent une régulation très fine de la structure de la chromatine, l’assemblage hautement régulé de l’ADN avec les histones et d’autres facteurs accessoires. La dynamique chromatinienne est modulée par un système complexe impliqué dans toutes les transactions avec l’ADN. Ainsi, des changements dans les programmes d’expression génique, régulés par l’état de la chromatine, peuvent avoir une incidence majeure sur la transformation de cellules normales en cellules prolifératives et envahissantes.
Une caractérisation poussée de la régulation de la structure du génome, incluant l’action de facteurs épigénétiques agissant sur la chromatine, est essentielle pour améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires qui régissent l’oncogenèse. Cela est nécessaire pour établir de nouvelles thérapies contre le cancer.
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