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Olivier Maes : Université catholique de Louvain
Dans le contexte de la formation des enseignants en Belgique francophone, les stages sont un élément incontournable des curricula, comme c'est le cas dans de nombreux autres territoires (Maubant et al., 2011). Afin de les évaluer, plusieurs instituts de formation clôturent la supervision par un temps de bilan sous forme de coévaluation. Mais les superviseurs, engagés comme formateurs sur la base de leur expertise disciplinaire, y ressentent une tension, au moment où ils doivent évaluer les étudiants (Maes et al., 2018, à paraitre). Dans notre contribution, nous apporterons des éléments de réponse à deux questions : (1) comment les superviseurs construisent-ils leur jugement évaluatif final lors de l’entretien de coévaluation ? et (2) Ce jugement rencontre-t-il les caractéristiques d’un jugement professionnel en évaluation ? Il ressort de nos résultats, issus d'une recherche doctorale, que le processus de construction du jugement évaluatif s’inscrit dans une dimension itérative et dynamique (Mottier Lopez et Allal, 2008). Le jugement produit se base sur les quatre caractéristiques suivantes : collecter et mettre en relation des informations, les interpréter, anticiper et apprécier les conséquences de la décision qui va être prise, et enfin, prendre la décision. Il apparait également que la singularité de la situation (Lebel, 2009) est prise en compte par le superviseur pour construire le jugement évaluatif.
L’approche par compétences et l’arrivée du référentiel des compétences professionnelles (MEQ, 2001) a entraîné une refonte complète des outils d’accompagnement et d’évaluation dans le cadre des stages liés aux programmes de formation initiale à l’enseignement au Québec (Bélair et coll., 2017; Gouin et Hamel, 2015). Depuis ce temps, il y a certes eu des efforts louables pour tenter de mieux arrimer l’évaluation des stagiaires à l’approche par compétences (Bélair et coll., 2017; Figari et Remaud, 2014). Par exemple, dans les guides de stage, une place importante est maintenant accordée à l’évaluation formative et à la progression des stagiaires (Bélair et coll., 2017). Toutefois, à ce jour et plus de vingt ans plus tard, plusieurs responsables de stage jonglent toujours avec la délicate question de l’évaluation en contexte de stage. Des problèmes associés à l’objet d’évaluation (comment évaluer des compétences en stage?) ainsi qu’aux outils, aux critères et aux stratégies d’évaluation ressortent dans les écrits scientifiques (Boyer, 2013). De plus, les enseignants associés et les superviseurs de stage ressentent souvent de l’inconfort lorsqu’on leur demande de recourir à leur jugement professionnel pour évaluer le développement des compétences des stagiaires (Lebel, 2009; Tourmen, 2015). Enfin, des lacunes dans les outils d’évaluation au regard de la progression du développement des compétences ainsi que de la prise en compte du contexte professionnel sont également soulevées (Bélair et coll., 2017; Boyer, 2013; Lapointe et Guillemette, 2015; Scallon, 2007; Tourmen, 2015). Avec la publication récente du nouveau référentiel des compétences professionnelles (MEES, 2020), le sujet de l’évaluation en contexte de stage est plus que jamais d’actualité puisqu’il entraînera inévitablement une révision et des modifications des outils d’accompagnement et d’évaluation dans toutes les universités québécoises qui offrent des programmes de formation à l’enseignement.
Ce colloque vise à brosser un portrait des fondements théoriques ainsi que des outils pratiques d’accompagnement et d’évaluation de stagiaires en vigueur dans les programmes de formation initiale à l’enseignement. Il cherche également à entamer, à partir d’exemples d’implantation d’outils récemment modifiés, une discussion au regard des avancées dans ce domaine de connaissances et des améliorations pratiques qu’elles suggèrent. Enfin, ce colloque tente aussi de mettre de l’avant le point de vue des acteurs qui doivent s’approprier et utiliser les outils prescrits. Ainsi, toutes les communications sont directement en lien avec un des deux objectifs suivants :
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