pen icon Colloque
quote

Viser la conception collaborative de ressources et soutenir le développement du pouvoir d’agir des acteurs. La recherche PREMaTT.

CL

Membre a labase

Catherine Loisy : École Normale Supérieure de Lyon - Institut Français d'Éducation (IFÉ)

Résumé de la communication

Dans les recherches collaboratives, comme celles qui sont menées à l’Institut français de l’éducation (Ifé), les participants opèrent un processus d’apprentissage mutuel. Les enseignants s’y engagent dans des activités qui participent à la construction de sens et au développement de leurs pratiques. Les chercheurs les accompagnent, développent des instruments pour une meilleure intelligibilité des objets qu’ils étudient, et préparent la diffusion des savoirs construits. Qu’apprennent les enseignants engagés dans une recherche collaborative ? Ce questionnement est l’un des chantiers de la recherche PREMaTT.

Le développement du pouvoir d’agir renvoie à l’extension par le professionnel de son rayon d’action lui permettant d’intervenir sur les conditions de son activité (Clot & Simonet, 2015), extension potentiellement permise par l’intériorisation de comportements sociaux (Sève, 2014). Pour étudier le développement professionnel, la Méthode trajectoire (Loisy, 2015) incite à l’élaboration de la trajectoire de développement par une double activité symbolique (récit et dessin) autour des principaux moments qui en ont constitué le cours. Des entretiens d'explicitation conduits dans le cadre du projet PREMaTT permettent désormais d’étudier, en quoi les entretiens princeps menés avec la Méthode trajectoire peuvent participer au développement professionnel de deux enseignants. Il s’agit d’approcher le potentiel développemental et éventuellement transformatif de la Méthode trajectoire.

Résumé du colloque

L’idée de rapprocher le monde universitaire du monde social fait son chemin depuis quelques décennies sous l’impulsion de critiques à l’égard du fossé constaté entre eux (Desgagnés, 1997). Ces critiques et des avancées méthodologiques ont amené des chercheu.rs.ses, issus de disciplines variées, à définir des dispositifs participatifs, par exemple en santé où la collaboration avec les bénéficiaires est vue comme l’une des conditions permettant d’assurer que la recherche menée est pertinente et utile aux patient.e.s touchés (IRSC, 2019). Mais cette participation est parfois devenue une injonction, entre autres de la part des organismes subventionnaires qui privilégient de plus en plus des programmes qui valorisent la collaboration entre chercheurs et acteurs de terrain. Même si les recherches participatives visent la reconnaissance d’une pluralité de savoirs issus tant de la pratique que de la recherche (Morrissette, 2013), dans une perspective critique, la nécessité de collaborer peut soulever des questionnements sur les rapports de pouvoir dans les interactions en recherche, sur les inégalités potentielles dans la reconnaissance de l’apport des divers acteurs et sur l’influence des compétences de ces derniers à s’affirmer et à prendre la parole au cours des moments de collaboration (Doucet et Dumais, 2015).

Ce point de vue critique est d’autant plus nécessaire au regard des dispositifs de recherches qualitatives qui vont plus loin en visant le changement chez les participant.e.s, dans les organisations et au sein des gouvernements, en l’occurrence des recherches à visées transformatrices et émancipatoires. Il s’agit alors, pour toutes les personnes concernées par de telles recherches, de travailler à la transformation des conditions sociales en jeu et au développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (Stetsenko, 2016).

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :