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Alexis Guillemard : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le Labo Climat Montréal vise à développer de manière collaborative de nouvelles pratiques de planification de projets urbains intégrant l’adaptation aux changements climatiques. Ce Living Lab se concentre sur la reconversion de la friche industrielle de Lachine-Est. Plusieurs ateliers organisés entre décembre 2019 et septembre 2020 réunissent des professionnels de la Ville de Montréal et de l’arrondissement de Lachine. Nous les considérons comme les usagers du processus de projet urbain.
Lors du premier atelier, les participants ont amorcé une réflexion autour de la prise en compte de l’enjeu climatique dans le processus de réaménagement de secteurs urbains. Cette séance initiale, ouverte à plusieurs services de la Ville, visait notamment à orienter le contenu des prochains ateliers. Pour encourager les échanges, nous avons construit des exercices basés sur un schéma du projet urbain créé par la direction de l’urbanisme de la Ville de Montréal. Ce support de travail provenait donc de l’univers professionnel des participants. Le deuxième atelier a surtout mobilisé des professionnels de l’arrondissement de Lachine. Pour comprendre leurs perceptions du processus urbain face à l’enjeu de l’adaptation aux changements climatiques, nous avons cette fois sollicité leurs expertises et leur créativité à travers des scénarios fictifs construits par les chercheurs.
Nous voulons donc présenter les deux outils et comparer leur appropriation par les usagers.
En tant que nouvelle approche cherchant à résoudre des problématiques sociales complexes, les living labs (laboratoires vivants) se distinguent par leurs objectifs de participation et de coconstruction positionnant les citoyens et les usagers au centre de leurs démarches (Scaillerez et Tremblay, 2017). L’un des objets de la méthode semble alors être celui de contribuer à la réappropriation de son pouvoir décisionnel par les citoyens et les usagers. Permettre au plus grand nombre de participer à la réflexion fait aussi des living labs une approche qui contribue à admettre que certaines ressources (naturelles, Ostrom, 1990; ou intellectuelles, Hess et Ostrom, 2007) appartiennent à tous et font partie des communs (Hess, 2008).
La conduite des processus living labs doit toutefois composer avec des défis de type institutionnel et méthodologique (Therrien et Normandin, accepté). En matière de défis institutionnels, les living labs sont notamment influencés par les rapports de pouvoir préexistants entre les acteurs ainsi que par les conflits de valeurs et d’intentions entre les diverses parties prenantes (citoyens, fonctionnaires, représentants d’organismes communautaires et d’organisations privées, chercheurs, etc.). Ce rééquilibre à la faveur du citoyen et des ressources communes n’est donc pas encore un acquis et nécessite d’être (re)questionné pour en asseoir la suprématie.
Pour gérer ses aspects, les living labs se concentrent sur la conduite de leurs processus et le développement d’objets-frontières, mais la méthode doit elle-même composer avec des obstacles quant à la combinaison des savoirs scientifiques et expérientiels et les remises en question propres à la réalisation d’un processus d’hyperréflexivité.
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