Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Karine Vanthuyne : Université d'Ottawa
Depuis la publication du rapport de la Commission Vérité et Réconciliation du Canada, la plupart des plans stratégiques des universités canadiennes parlent d’ « autochtonisation ». À la base, l’autochtonisation dans ce milieu vise l’élargissement des conceptions historiquement étroites du savoir académique, pour y inclure les perspectives autochtones de manière transformatrice. Les paramètres de cette inclusion demeurent toutefois sujets à débat. Certains considèrent les universités comme des lieux neutres auxquels les étudiants, le personnel et le corps professoral autochtones devraient s'« adapter ». D’autres aspirent plutôt à « réorienter fondamentalement la production et la diffusion des connaissances sur la base de relations de pouvoir équilibrées entre les peuples autochtones et les Canadiens » (Gaudry & Lorenz 2018, 226).
À partir de mon expérience comme co-directrice du comité d’autochtonisation (FSS) de l’Université d’Ottawa j’analyserai les défis de mise en œuvre de cette seconde approche, l’autochtonisation comme processus de décolonisation. Plus précisément, j’examinerai le travail effectué pour autochtoniser nos programmes d’études selon le modèle de l’« Infusion » (Vetter et al. 2014). Ce modèle encourage la création d'un espace dans l'ensemble des cours universitaires pour « la construction réfléchie d'une pédagogie et de compréhensions qui respectent les modes de connaissance et d'être autochtones » (Pidgeon 2016, 86).
La Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics (Commission Viens) lancée en décembre 2016 a remis son rapport au gouvernement du Québec en septembre 2019. Parmi les appels à l’action qu’on y trouve, plusieurs concernent la démarche de la sécurisation culturelle présentée comme un moyen de médiation entre, d’un côté, la société québécoise, et de l’autre, la population, les instances et les communautés autochtones. Cette démarche, élaborée au départ par les Maoris de la Nouvelle-Zélande et présentée un peu partout dans la communauté scientifique comme un outil de justice sociale, propose un réel changement de paradigme tant dans l’offre de services publics destinés aux populations autochtones que dans la rencontre entre les savoirs autochtones et les savoirs scientifiques sollicités pour la circonstance. Le présent colloque propose d’examiner cette démarche sous différents angles (santé, éducation, justice, employabilité, développement communautaire), d’en documenter les applications québécoises et canadiennes (le cas échéant) et d’en arriver à un premier portrait de ces différentes dimensions et perspectives. Quelle est la portée de cette démarche? De quelle manière peut-elle contribuer à transformer les relations entre les Québécois et Québécoises et les Autochtones et, dans la foulée, jouer un rôle déterminant dans la lutte aux inégalités sociales et à la discrimination? Comment se positionne présentement cette démarche dans les études décoloniales? Ces questions seront mises en débat entre des universitaires et des acteurs et intellectuels autochtones.
Titre du colloque :
Thème du colloque :