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Marie Tremblay-Laliberté : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette proposition de communication s’intéresse à la question du bien-être dans l’environnement bâti à travers le prisme de l’enseignement du projet de design d’intérieur en atelier. Comment enseigner le sensible? Comment engager les étudiants dans une démarche de design empathique, éthique et émotive orientée vers le bien-être humain dans l’environnement intérieur? Comment mettre de l’avant la création basée sur l’expérience subjective sans toutefois écarter les savoirs objectifs liés à la pratique du design? Cette recherche s’appuie sur des constats en regard de l’éducation du design d’intérieur en atelier où les méthodes d’enseignement valorisent principalement un processus analytique visant une résolution de problème où l’expérience subjective de l’étudiant est rarement mise à contribution. Certains auteurs évoquent une nécessité d’opérer un changement de paradigme dans l’enseignement du design en atelier afin de préparer les étudiants à intervenir adéquatement vis-à-vis des enjeux sociaux et collectifs qui intègrent de plus en plus la question du bien-être dans l’environnement intérieur. Les notions de perception, d’atmosphère et de corps sont centrales dans cette recherche qui reconnaît dans le domaine de la phénoménologie des sources de connaissances humaines éclairantes afin d’appréhender la conception d’environnements intérieurs favorisant le bien-être commun (le Soi créant pour l’Autre).
Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?
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