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CARACTÉRISATION DE L’INSTABILITÉ DE LA CHROMATINE DURANT L’ENDOMITOSE DES MÉGACARYOCYTES.

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Firas El-Mortada : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Les mégacaryocytes sont des cellules issues de l’hématopoïèse qui génèrent les plaquettes sanguines par fragmentation de leur cytoplasme. On les retrouve majoritairement dans la moelle osseuse. In vitro, les mégacaryocytes immatures se différencient sous l’effet d’un traitement à la thrombopoïétine pour atteindre un stade de différentiation final ressemblant à la sénescence. Durant ce processus de différentiation, les mégacaryocytes subissent l’endomitose ou les cellules dupliquent répétitivement leur ADN jusqu’à 64 N. Dans plusieurs contextes pathologiques comme le cancer, la réplication soutenue de l’ADN s’accompagne souvent d’instabilité génomique. Afin de déterminer si les mégacaryocytes maintiennent leur intégrité nucléaire durant l’endomitose, nous avons visualiser différents marqueurs comme la protéine lamin A/C et le phospho-γH2AX. Nos résultats obtenus par microscopie confocale démontrent que durant l’endomitose, les mégacaryocytes perdent leur intégrité nucléaire et relâchent des fragments d’ADN. Cette perte d’intégrité s’accompagne de la production de molécules qui font partie intégrante du phénotype de senescence comme l’interleukine-6. Nos résultats soulèvent plusieurs questions sur le rôle de cette perte d’intégrité nucléaire et son implication dans diverses pathologies notamment les leucémies myéloïdes.

Résumé du colloque

Le cancer constitue la 1re cause de décès au Canada. La grande diversité à l’intérieur même des « types » de cancer est un obstacle au développement de thérapies efficaces. Malgré cette hétérogénéité, les cancers partagent des caractéristiques qui sous-tendent la malignité des tumeurs. Deux traits prévalents du cancer sont l’instabilité génomique et la reprogrammation transcriptionnelle.

Des mécanismes cellulaires complexes détectent et réparent les lésions dans l’ADN et préservent l’intégrité du génome. Il est bien établi que les cellules tumorales, malgré leur capacité de prolifération accrue, sont caractérisées par une instabilité génomique. Celle-ci résulte de défectuosités dans la signalisation et la réparation des dommages à l’ADN. Paradoxalement, l’instabilité génomique constitue un point faible des tumeurs exploité cliniquement par des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Une compréhension moléculaire du maintien de la stabilité du génome est cruciale pour proposer de nouvelles pistes thérapeutiques centrées sur la modulation de la réponse aux dommages à l’ADN.

D’autre part, la réplication et la réparation de l’ADN ainsi que le contrôle de l’expression des gènes nécessitent une régulation très fine de la structure de la chromatine, l’assemblage hautement régulé de l’ADN avec les histones et d’autres facteurs accessoires. La dynamique chromatinienne est modulée par un système complexe impliqué dans toutes les transactions avec l’ADN. Ainsi, des changements dans les programmes d’expression génique, régulés par l’état de la chromatine, peuvent avoir une incidence majeure sur la transformation de cellules normales en cellules prolifératives et envahissantes.

Une caractérisation poussée de la régulation de la structure du génome, incluant l’action de facteurs épigénétiques agissant sur la chromatine, est essentielle pour améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires qui régissent l’oncogenèse. Cela est nécessaire pour établir de nouvelles thérapies contre le cancer.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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